La Prison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La Prison

Message par Helian Liadon le Ven 1 Juil - 5:25

Bâtiment octogonal à meurtrières, la prison d'Isinia est constamment gardée par deux gardes vétérans accompagnés d'autres gardes de nuit...

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Helian Liadon le Dim 3 Juil - 23:11

Helian éclata de rire. Mrath avait un message à lui faire passer, et il ne trouvait rien de mieux que de se fourrer dans la prison. Evidemment, ce renard n'aurait jamais atterri là sans le vouloir. Et s'il était en prison, cela signifiait que ce n'était pas un Drow qu'il devrait chercher. Il s'était probablement fondu dans la peau d'un quelconque bandit Kentan, sinon il aurait déjà été pendu.
Bon eh bien au moins ça lui ferait un défi de plus. C'est vrai qu'il n'avait pas encore eu l'occasion d'infiltrer la fameuse prison Kentan, dont nul n'était censé sortir. Vu la facilité avec laquelle Mrath y était rentré, nul doute qu'en sortir ne devait pas être beaucoup plus dur …
Les doux rayons de la lune presque pleine éclairaient faiblement la ville. La lune, amie ou ennemie des opérations nocturnes. Un facteur qui n'importait pas dans les affaires du Loup Noir. Il avait toujours atteint son objectif, de nuit ou de jour, par beau ou mauvais temps, avec ou sans lune. Mais il fallait reconnaître qu'agir à la pleine lune était un petit défi supplémentaire, et ne manquait pas complètement de style. Helian ferma ses yeux verts, puis les rouvrit. Noirs. La prison, un bâtiment octogonal non régulier, était parfaitement conçue, ou presque. Bien naïfs étaient ceux qui croyaient pouvoir s'en évader par les fenêtres. Élargies à l'intérieur, elles s'étrécissaient à l'extérieur, empêchant toute sortie ou entrée par elles, et pouvant servir de meurtrières au cas où les Kentans auraient besoin de se replier à l'intérieur. Pas de passage au niveau du toit ou souterrain.

Il n'avait pas dix options. Il allait passer par la porte. Construite dans la même optique, celle-ci était assez étroite, et ne laissait passer qu’une personne de front. Gardée par deux vétérans de l'armée Kentan. Au moins des capitaines. D'après des témoignages d'anciens détenus, la porte était suivie d'un couloir menant vers un carrefour tout aussi étroit, à quatre directions. Au premier, tous continuaient tout droit. Donc les deux autres couloirs devaient mener vers les salles des gardes. Venaient ensuite d’autres carrefours si on poursuivait tout droit, deux autres carrefours, menant cette fois à différentes prisons. Soit cinq couloirs menant à cinq salles. Chaque salle contenant une vingtaine de cellules pouvant contenir de un à cinq prisonniers, si on se serrait. Génial. Cent cellules à vérifier, et jusqu’à cinq cent prisonniers à vérifier. Super …
Donc, en toute logique, il devrait y avoir les deux gardes qu’il voyait devant la porte, puis dix-sept autres gardes gardant chaque extrémité de couloir, avec encore quelques gardes surveillant les extrémités des couloirs. Ça n’allait pas venir tout seul… Il allait lui falloir se débarrasser de deux gardes vétérans sans leur laisser le temps de donner l’alerte, puis la même chose avec cette fois-ci quatre gardes, mais moins redoutables… Bon, eh bien il savait ce dont il aurait besoin. C’étaient ses dernières, il pourrait en récupérer lors de sa prochaine visite à Lónimar. Il lancerait l’opération le lendemain, à la pleine lune. Accroupi sur le toit d’une maison à proximité, il jaugea la distance qui le séparait de celui de la prison. Trop grande pour un humanoïde. Soudain, dans un fondu parfait, il devint loup. Un élan, puis un saut. Il atterri souplement et sans bruit. Redevenant humain, il vérifia rapidement s’il n’avait pas été aperçu. Parfait. Il s’accroupi, puis ferma les yeux pour les rouvrir. Il parcourra le toit du regard, se déplaçant parfois, afin de pouvoir examiner le moindre recoin. Un total d’une trentaine de garde, comme les dernières fois. Restait le souci de la relève. Il n’avait pas le temps d’établir les heures des relèves, car les Kentan avaient généralement un calendrier d’un mois pour la relève. Cependant, la durée restait la même, soit cinq heures, ce qui lui laissait largement le temps … Décidément, sur ce point, les Kentans ne valaient pas les Oshtans…
Bien qu’il puisse s’abstenir de dormir sans le moindre problème, il préférait se reposer, pour plus de sûreté. L’infiltration pouvait toujours dégénérer, il était hors de question de faire courir le moindre risque à Mrath, qui ne savait absolument pas combattre…


Deux yeux luisirent dans la pénombre, à peine quelques secondes durant. Le Loup Noir vérifia rapidement que tout était en ordre. Parfait. Ses yeux reprirent leur couleur habituelle alors qu’il allumait une bougie. La pièce s’illumina faiblement. Il vérifia à pas feutrés si le reste de la maison ne différait pas. Aucun problème. Helian entrouvrit la fenêtre à l’étage, et inspecta rapidement le ciel. Il avait quelques heures devant lui. Saisissant deux de ses couteaux, il les lança vers la cible ronde suspendue de l’autre côté de la pièce. Un bruit mat suivit deux entailles jumelles dans le bois.
Un léger sifflement, et la cible heurta le sol. Deux mains saisirent la rampe de l’escalier, raffermirent leur prise. Helian sauta et atterrit souplement. Il examina rapidement le sol, avant d’ouvrir une trappe, et de descendre l’échelle qu’il venait de faire apparaître. Où donc était cette fichue bougie ? Ah, la voilà… Puisqu’il avait du temps, il n’avait qu’à en profiter pour aiguiser ses lames …



La relève venait de passer. Il était temps. Le Loup Noir examina précautionneusement les deux gardes postés devant la porte. Aucun défaut dans le revêtement de leur armure. Mais on ne pouvait en dire autant de l’armure elle-même. Bien qu’elle soit de très bonne facture, elle ne protégeait pas le cou, ce qui lui allait très bien. Helian sauta du toit faisant face à la prison. À peine ses pieds eurent-ils touché le sol que deux couteaux volaient vers les deux gorges vulnérables. Sachant déjà qu’il avait visé juste, le Fils du Vent s’élança, dégainant en un éclair ses deux dagues. Il planta la première entre les deux yeux d’un des gardes, passant à travers la fente du casque. Se retournant vers le deuxième, il l’aperçut tenter faiblement d’agir. Le but du mouvement importait peu, Helian lui envoya un violent coup de pied dans l’entrejambe, avant de lui faire subir le même sort qu’au premier. Il balaya le décor des yeux. Personne. Prenant la clé de la porte sur le corps d’un des gardes, il l’introduisit dans la serrure et la tourna doucement, le plus silencieusement possible. Il ouvrit ensuite la porte, avec les mêmes précautions. Peut-être qu’un jour les Kentans allaient-ils comprendre qu’il y avait des portes qui devaient faire du bruit en s’ouvrant et qu’il fallait arrêter de les concevoir ainsi et huiler jusqu’à les rendre plus silencieuses que la mort… …
Enfin cela l’arrangeait, alors pourquoi se plaindre ? La porte donnait sur un couloir, comme prévu, d’une dizaine de mètres. Le garde qui se tenait à son extrémité venait de tourner le dos à l’intrus et s’adressa à ses camarades :
- Je rêve ou j’ai vu la porte s’ouvrir ?
Alors qu’Helian s’élançait discrètement, les trois autres gardes se regardèrent, surpris. Calculant ses gestes, l’intrus lança deux objets dans la direction des Kentans, peu avant que ceux-ci ne remarquent sa présence. Le premier se planta dans la nuque du premier garde, et le deuxième tournoya dans l’air. Alors qu’il se trouvait au beau milieu des gardes, Helian murmura :
-Khrîsh !
La sphère explosa silencieusement, et d’étranges particules parcoururent l’air, s’éloignant de l’objet. Les gardes dégainèrent aussitôt en criant pour alerter la garnison, puis se postèrent au carrefour pour y intercepter l’intrus. Celui-ci décolla d’un bond phénoménal et atterrit derrière le garde qui lui faisait auparavant face. Ce dernier s’écroula, une dague plantée dans la nuque. À peine le Loup Noir eut-il touché le sol qu’il se retourna et s’élança vers le carrefour. Les deux gardes restants, ébahis, tentèrent de lui porter un coup de taille au niveau de la tête de leur épée longue. Mais ce n’était plus un humanoïde qu’ils affrontaient, et l’un d’entre eux le comprit alors que des crocs se refermèrent sur sa gorge. Le dernier, qui n’en revenait pas d’avoir vu trois de ses compagnons mourir aussi vite, tourna les talons et courut vers la salle des gardes, ne comprenant au passage pas pourquoi les renforts ne venaient pas. Il cria lorsqu’un couteau l’atteignit à la nuque.
Helian récupéra tranquillement ses armes, et se dirigea vers la deuxième intersection en murmurant :
-Quelle merveille ces sphères d’isolation n’est-ce pas ? Mais vous ne m’avez pas l’air d’apprécier le génie du Haut-Elfe qui les a mises au monde…
Il reprit son avancée silencieuse vers le deuxième carrefour, qui se trouvait à une vingtaine de mètres plus loin. Le garde à son extrémité ne réagissait pas à son approche. Normal, puisque la sphère avait immobilisé la scène au moment de son explosion pour tout observateur extérieur. Malheureusement, l’effet ne durait qu’une dizaine de minute, ce qui était assez pour s’occuper des suivants, pas trop peu pour tromper des gardes curieux…

Il avança donc vers le deuxième carrefour sans se soucier de discrétion lors des huit premiers mètres. Il s’arrêta à cette distance et sortit son arc du carquois de son dos et visa avec précaution. Une flèche à empennage noir se planta dans la gorge du garde, qui s’écroula en poussant un cri étouffé. Les trois gardes se retournèrent vers le cadavre et le regardèrent surpris, sans comprendre pourquoi la flèche provenait de l’extrémité du couloir, qu’un garde surveillait encore. Ils reprirent presque immédiatement leur esprit et dégainèrent. Aussitôt, une sphère qu’ils n’avaient pas vu venir explosa au beau milieu de leur groupe. Ils se regardèrent surpris, avant d’apercevoir une silhouette obscure apparaissant au beau milieu du couloir avant de bondir sur un des gardes qui poussa un râlement en s’effondrant, la gorge tranchée.
L’entrainement des gardes kentans finit par prendre le dessus sur leur incompréhension, et ils frappèrent la silhouette qui se retournait. Helian esquiva une des lames avant de passer sous l’autre en faisant une roulade, qu’il termina juste devant un des gardes, avant de se propulser vers le haut en donnant un coup de genou dans ses parties intimes. Le garde déstabilisé s’écroula sous le poids du Loup Noir, qui lui enfonça une dague entre les yeux. Le dernier garde voulut frapper violemment l’assassin, mais ne réussit à enfoncer sa lame dans l’armure de son camarade, Helian venant de faire une roulade sur le côté. Il mourut en tentant vainement de retirer sa lame.
Là encore, le Fils du Vent récupéra ses armes. Il lui fallait maintenant décider de sa prochaine direction. N’hésitant qu’une fraction de seconde, il se dirigea vers le couloir, celui de gauche, avec toute la furtivité requise. Arrivé devant la porte, il colla une oreille contre celle-ci. Quelques cris atténués par l’épaisseur de la porte. Eh bien, si elle laissait filtrer si peu de bruit…

Le Loup Noir dégaina sereinement une dague ouvrit la porte de l’autre main, entra et la referma. Les gardes se retournèrent, surpris.
- Bonjour.
Voyant que l’intrus était encapuchonné, vêtu de noir et armé, ils n’hésitèrent pas et dégainèrent aussitôt leur arme.
- Que fais-tu là ?
- Moi ? Je voulais simplement visiter les lieux… Auriez-vous l’amabilité de m’aider ?
Dans un cri de rage, les trois Kentans chargèrent et assénèrent chacun un coup d’épée à l’assassin. Celui-ci esquiva le premier, para le deuxième et passa sous le troisième en plongeant à terre, d’où il fit trébucher un des gardes avant de lui ôter la vie. Roulant sur le côté pour éviter un coup mortel, il parvint à s’arrêter in extremis pour en parer un deuxième. Il se ramassa ensuite et se releva d’une roulade arrière, avant de balayer la scène du regard. Le troisième garde s’était relevé et les deux autres prudemment reculés. Avec une seule dague et contre trois adversaires, la situation risquait vite de dégénérer. Il s’adressa au garde qui était tombé, tout en rabattant sa capuche :
- Ça va ? Tu tiens debout ? Ça doit être dur de s’aplatir devant un Drow, non ? Heureusement que tes camarades étaient là pour changer te sauver…
Le garde visé blêmit, fit un signe de tête à ses compagnons et s’avança, faisant tourner son arme dans sa main. Une fois à distance respectable, il se mit en garde et jaugea l’assassin du regard. Puis passa soudain à l’attaque. La lame décrivit arc de cercle mortel. La lame s’arrêta à quelques centimètres de la gorge du Loup Noir. Celui-ci s’était avancé lors de l’attaque et avait saisi de sa main gauche le poignet du bras armé. Le garde s’écroula.
Un sourire, froid.
- Ce n’était pas très malin.
Les deux gardes portèrent chacun un coup de taille, presque simultanément. Passant dessous via une roulade, Helian enfonça sa lame dans un défaut de l’armure, derrière le genou, puis acheva le garde après sa chute. Il se retourna ensuite vers le dernier survivant, et avança lentement vers lui. Ce dernier paniqua et porta un coup de taille au niveau de la tête. N’attendant que cela, l’assassin se baissa et avança, avant de lui planter sa dague en plein visage.
Il jeta un rapide coup d’œil vers les cellules. Mrath n’y était pas. Il s’apprêta à se retourner pour passer à la salle suivante quand un détenu l’interpella :
- Qui êtes-vous, vous dont la dague semble faire partie de votre corps ?
C’était un Drow, probablement un combattant endurci puisqu’il était moins ébahi que les autres prisonniers, qui se révélaient apparemment être tous des maudits. Probablement la salle où les détenus changeaient le plus souvent …
- Loup Noir.
Il sortit de la salle et se dirigea vers celle d’en face, à une quarantaine de mètres de là, refermant la porte derrière lui. Il repasserait libérer ceux qui le souhaitaient une fois qu’il aurait éliminé les gardes des autres salles…

Fermant la porte derrière lui, il s’avança vers l’autre salle, où il pénétra de la même façon.
- Qui es-tu ?
- Ah oui, à ce propos… Mon nom est Loup Noir. Vos collègues n’ont pas été très coopératifs. J’aimerais…
Inutile de continuer plus loin, ils étaient déjà sur lui. Dégainant ses deux dagues, il dévia la première lame, et se pencha pour éviter la deuxième. La troisième fendit le vide, alors qu’il avait tourné sur lui-même pour s’avancer vers le second garde. Helian esquiva un coup de coude. Celui-là ne se laisserait pas faire si facilement. Sentant venir une lame dans son dos, il se jeta à terre. Il joignit ses pieds, qu’il plaça entre ceux du garde qui l’avait repoussé, puis les écarta sèchement, faisant tomber en arrière son adversaire, et enchaina par une roulade pour se placer à la hauteur du garde. Un de moins. Il roula sur le dos non sans empoigner le cadavre du garde, qu’il utilisa pour bloquer les coups qui pleuvaient sur lui. Les gardes, horrifiés de mutiler ainsi celui qui avait été leur compagnon, reculèrent d’un pas. Saisissant l’occasion, l’assassin se remit sur pied. Plus que deux … Qui se positionnèrent autour de lui, pour le prendre en tenaille. Leurs assauts s’intensifiaient, et il commençait à devenir plus dur d’esquiver leurs lames. Helian soupira en lâchant sa dague pour saisir le bras d’un garde qui venait de se déstabiliser imprudemment, et l’envoya percuter son camarade, qui finirent tous deux à terre. Sachant le poids des armures des gardes, il saisit l’épée du mort, et embrocha vivement l’un des vivants qui essayait difficilement de se relever. Abattre le dernier, relevé, fut l’affaire d’un instant.
Bon eh bien … couloir suivant !

Refermant la porte derrière lui, il se positionna au milieu des cadavres des gardes du deuxième carrefour. L’effet de la sphère était toujours présent. Le Loup Noir sourit en dégainant son arc. Il avait vu plus loyal comme technique, mais après tout, il était assassin non ? Bandant l’arc, il amena la corde jusqu’à sa joue, et visa le premier garde, à la nuque. Celui-ci fut projeté en avant quand la flèche rencontra sa nuque. La seconde fut envoyée au garde d’en face. Les deux restants se précipitèrent vers les cadavres pour comprendre l’origine des tirs. Le dernier se tourna vers la position de l’assassin. Il ne comprit pas. Helian tiqua alors qu’il allait chercher ses flèches. Il avait pire à se reprocher, mais il n’aimait pas trop ce qu’il venait de faire. Cela ressemblait trop à de l’abattage à son goût. Il éviterait ce genre d’actions à l’avenir …

Troisième salle … Cela commençait à devenir lassant … Cette fois-ci, il utiliserait Rapière…
- Que fais-tu là ?
Le Loup Noir soupira.
- Vous êtes les troisièmes à me poser une question de ce genre. Honnêtement, qui pourrait pénétrer la prison d’Isinia aussi facilement et survivre au combat contre plusieurs groupes de gardes kentans ? Et que viendrait-il faire là ? Voilà, je crois que ce n’est même pas la peine de vous dire que suis Loup Noir et que vous allez bientôt mourir … Maintenant, on peut commencer ? Je ne vais pas passer ma nuit à m’occuper de vous tout de même…
Il était temps de changer un peu de style …
Vous dont la dague semble faire partie de votre corps … Ces mots prononcés par un prisonnier Drow lui revinrent subitement en tête. Intégrer la lame au corps était chimérique, mais peut-être que s’il … Autant essayer.
Il dégaina sa lame, et fit le vide dans son esprit. Son esprit, excité par l’idée nouvelle, fonctionnait à une vitesse folle. Tout en esquivant et parant les coups de ses adversaires, il cherchait à découvrir un nouveau style. Il essaya d’intégrer mentalement la lame à son corps, comme si … Comme si elle était une extension de son bras. Soudain, le déclic eut lieu. Les limites entre son bras la lame s’estompèrent. Sa main, la poignée disparurent. Le rythme de ses déplacements s’accéléra, ils devinrent plus fluides. Une joie sauvage s’empara de lui à cette réussite. Lame et corps tournoyèrent. Il n’esquivait presque plus, mais n’était pas pour autant toucher. Parant et déviant, il anticipait toutes les actions adverses. Rapière rougeoya un instant, et s’enfonça dans la poitrine d’un garde, pour en ressortir aussi vite et parer un autre coup. Les gardes commençaient à perdre de leur entrain. Si offensifs au début, ils se repliaient sur eux-mêmes, adoptaient des postures de plus en plus défensifs, ne se coordonnaient plus. Ils avaient déjà perdu, et ne tardèrent pas à succomber.
Lame et corps se séparèrent. Helian jeta un œil du côté des cellules. Il n’y était pas. Plus que deux salles …

- Excusez-moi, je cherche un ami à moi. Pourriez-vous m’aider ? Non ? Dommage…
L’assassin fronça les sourcils. Ceux-là ne s’étaient pas donnés la peine de répondre, et n’hésitèrent pas. Ils étaient sûrement plus expérimentés que les autres. Bah après tout, cela ne changeait pas tant. Un léger sifflement, et la lame devint part de lui. Ça allait être facile… Alors que les lames tournoyaient, Le Loup Noir éclata d’un rire sauvage. Quel plaisir… Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas ressenti cela. Toute notion de temps disparut. Tout ne fut plus que cliquetis, sifflement et respirations. Le ballet accélérait puis ralentissait, tantôt vif et animé, tantôt trainant et languissant. Cette fois-ci, la première mort ne marqua le tournant du combat, les deux survivants continuant de combattre, imperturbables jusqu’à la fin.
Il ne savait pas pourquoi ces trois-là s’étaient trouvés ici, mais ils n’étaient pas n’importe qui. Avec un tel talent, ils auraient pu être plus élevés dans la hiérarchie. Helian eut une pointe de regret à la vue de ce talent gâché. Peut-être en étaient-ils restés à ce grade par impiété ? Une moue de dégoût déforma le visage de l’assassin. Puis il revint à lui et balaya la salle des yeux. Non plus. Il était donc dans la dernière salle…

Le Fils du Vent écarquilla les yeux. Que cela signifiait-il ? Les gardes étaient étendus par terre, morts de leurs propres mains. Qu’est-ce qui avait bien pu les pousser à s’entretuer ? Il ne comprenait pas. Mais le pire restait qu’il ne sentait pas du tout opprimé par ces morts mystérieuses, comme si elles étaient naturelles ou qu’il s’y était attendu.

- Eh bien, tu m’as fait attendre…
La voix de Mrath le ramena à ses esprits. Il se pencha pour ramasser les clés sur un des cadavres.
- Ces Kentans ne sont pas très accueillants, et tout aussi peu coopératifs. Aucun d’entre eux n’a bien voulu me dire où tu te trouvais…
Il ouvrit la porte de la cellule du maître espion.
- Allons dans les bas-fonds, nous y serons plus à l’aise…
Helian acquiesça. Se rappelant ses pensées précédentes, il saisit quelques clés et les envoya dans les cellules occupées.
- Vous avez les clés, et les seuls gardes en vie sont ceux de la garnison, débrouillez-vous maintenant…
Il fit de même dans toutes les autres salles, sans même chercher à savoir qui recevait les clés et ce qu’ils en faisaient. Ce n’était plus son problème.

Ils se dépêchèrent de sortir de la prison, avant de courir le risque que l’un des gardes des deux salles des gardes ne sorte vérifier que tout allait bien ou même que l’un des prisonniers fasse une bourde.
Une fois dehors, ils se dirigèrent prestement vers les bas-fonds. Ils avaient à discuter …


Dernière édition par Helian Liadon le Mer 14 Nov - 8:30, édité 1 fois

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Mestivoï le Jeu 18 Aoû - 5:28

Le Vampire suivit les gardes sans réchigner. Après tout, c'était lui la victime ! Donc il déposerait sa plainte pour agression, l'agresseuse inconsciente, portée par des gardes le suivant. Et ensuite...

Distraitement, Mestivoï déplia le petit morceau de papier qu'il avait dérobé un peu plus tôt. Un nom, une adresse... Il se retint de bailler. Lui qui avait espéré quelque chose d'intéressant...

On le fit entrer dans la prison pour être, s'il avait bien suivi, interrogé. La cage se refermait de plus en plus... Et de ce qu'il pouvait en voir, la solution la plus simple serait qu'on le remette légalement dehors.

N'ayant rien d'autre à faire dans les couloirs, il s'adressa à l'un des gardes qui l'escortait.

- Hm, excusez-moi, je ne dis pas que le bâtiment est désagréable, mais ne trouvez-vous pas qu'il manque... comment dire... de couleurs ? Je sais, je sais, vous allez me dire qu'on est dans une prison, poste de renseignements et autres, mais vous y travaillez aussi, non ? Donc on n'y emmène pas que des petites crapules en puissance. Regardez, moi, par exemple...

A ce moment-là, quelqu'un ouvrit une porte, et on lui fit signe d'y entrer. Vu le bureau et les chaises, ça devait être le lieu d'interrogation. Si gris... Certains se suicideraient pour moins que ça !

Mestivoï saisit la première chaise pour s'asseoir.

- Alors ? Comment ça se passe ? Noms, prénom et raison de la présence ici ? Ou je porte plainte directement ? questionna-t-il simplement en croisant les jambes d'un air désinvolte.

La suite promettait d'être intéressante. Il ne se posait plus qu'une seule question : déclarer qu'il était un vampire ou ne pas le déclarer ? D'un côté, il était déjà mal parti... De l'autre, le révéler pouvait devenir intéressant...

Et il commençait à avoir faim...
avatar
Mestivoï
Débutant
Débutant

Messages : 280
Date d'inscription : 05/06/2011

Fiche Technique
Nom: Mestivoï Nezvanovitch Slaviata
Race: Vampire
Classe:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par PNJ le Lun 29 Aoû - 20:36

Silencieusement les gardes menaient la folle furieuse et la victime parmi les corridors de la prison. Dommage que l'idée de se taire n'était pas venu à l'esprit de la "victime". Celle n'avait pas arrêté de blablater depuis qu'ils étaient entrés.

- Hm, excusez-moi, je ne dis pas que le bâtiment est désagréable, mais ne trouvez-vous pas qu'il manque... comment dire... de couleurs ? Je sais, je sais, vous allez me dire qu'on est dans une prison, poste de renseignements et autres, mais vous y travaillez aussi, non ? - Hm, excusez-moi, je ne dis pas que le bâtiment est désagréable, mais ne trouvez-vous pas qu'il manque... comment dire... de couleurs ? Je sais, je sais, vous allez me dire qu'on est dans une prison, poste de renseignements et autres, mais vous y travaillez aussi, non ?

Plus il y pensait, plus Miscellium avait l'impression que lui et ses hommes s'étaient plantés quelque part.

- Donc on n'y emmène pas que des petites crapules en puissance. Regardez, moi, par exemple...

Oui, ils devaient s'être planté quelque part... Ignorant les jérémiades du bonhomme, il fit signe au garde de balancer la femme dans une des cellules du couloir, celle-ci toujours endormi grogna légèrement sous le mauvais traitement. Il devrait la réveiller plus tard, ne serait-ce que pour la foutre à la porte.

Lui et ses hommes devaient désormais retourner à leur poste mais avant, il devait faire son rapport à son supérieur. Il renvoya ses hommes à leur poste et se posta devant le bureau de celui-ci. Il toqua deux fois légèrement, l'accord ne se fit pas attendre.

Le major Varmenras était un homme rondouillard, il avait gagné son poste grâce aux divers contacts de sa famille.

- Major Varmenras, j'amène deux suspects, un homme et une femme. Alors que nous allions procéder à la fouille de l'homme celui-ci s'est jeté vers nous en hurlant qu'on voulait le tuer. La femme n'a pas tardé à le suivre et à faire tournoyer son arme. Nous l'avons neutralisé et les avons menés ici pour inspection.

Le major leva les yeux lassement vers lui.

- Et c'est pour ça que vous me dérangez Soldat ? Renvoyez-les chez eux, je ne veux pas avoir à faire à eux...

- Mais commandant !

- Silence ! Faites ce que je dis !

Miscellium ragea mentalement et acquiesça d'un signe de tête. Ouvrant la porte, il fit signe d'entrer au suspect, celui-ci entra et alla s'installer devant le major le plus naturellement du monde.

- Alors ? Comment ça se passe ? Noms, prénom et raison de la présence ici ? Ou je porte plainte directement ?

Le Major avait les yeux sur le point de sortir de leurs orbites. D'incrédulité ou de colère, Miscellium n'en était pas sûr. Enfin, le major prit une teinte rougeâtre et violacé.

- Dehors ! hurla-t-il en pointant sa main vers la porte.. Emmenez votre amie avec vous et sortez de ma vue !

Il était temps de réveiller la folle furieuse.

PNJ
Légende
Légende

Messages : 8
Date d'inscription : 01/02/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Mestivoï le Mer 31 Aoû - 7:38

Mais c'est qu'il criait fort le gradé !

Mestivoï retint sa grimace de douleur. "Rien de plus pratique qu'une bonne audition" clamait sans cesse Mère Avdotya... Pratique ? Ca ? Il était bon pour une migraine de légende maintenant ! Dehors ? Oh que oui, il voulait bien y aller... Là, il pourrait trouver une bonne âme qui irait couper les cordes vocales de cette abomination humaine... N'a-t-on pas idée... Franchement...

Le vampire se leva prestement, dignement, et sortit la tête haute, un air vexé sur le visage. Après tout, cette chose hurlante n'avait pas même pris sa déposition ! Une fois la porte fermée, le Slaviata s'enfonça un doigt dans l'oreille qu'il agita vivement, espérant faire disparaître le siflement persistant.

Alors qu'il suivait les gardes depuis au moins 30 secondes, il finit par s'arrêter, un sourire faux sur les lèvres.

"Dites-moi... Votre supérieur a déjà pensé à travailler dans la chanson ?" questionna-t-il en grimaçant avant de soupirer, changeant complètement de sujet. "Et dire que vous allez libérer cette... "femme"... Elle voulait vraiment me tuer vous savez ? Je peux vous demander un service ? J'aimerais sortir de la prison avant cette folle... Vous pouvez me laisser dix minutes d'avance ?"

Et sans même attendre la réponse, le vampire fit volte-face pour sortir de la prison. Celle-ci n'étant pas trop grande, et aussi parce que les bureaux étaient de toute façon proches de la sortie, il fut rapidement à l'extérieur. Là, il prit une grande inspiration. Il scilla légèrement en voyant la lueur du jour apparaître à l'horizon. S'il avait été facile d'entrer en ville -ce qui n'était d'ailleurs pas amusant-, la suite, en revanche, promettait d'être plus animée... Les lèvres du Slaviata s'étirèrent en un sourire de satisfaction. Il avait besoin de s'amuser.

Remettant son sac son son dos, il commença à siffler en s'avançant sur la route, mais avant qu'il ait pu aller bien loin, une fille encadrée par deux hommes surgirent d'une ruelle adjacente.

Quand on parlait d'animation...

Le vampire se dirigea, sans arrêter de siffler, vers la ruelle en question, observant les bâtiments, le ciel, les pavés... Il pressentait un massacre dans peu de temps... Il ne pensait pas revoir la prison si rapidement pourtant... Enfin, rien n'était encore sûr !

Il finit par arriver là où les trois personnages se trouvaient... et la ruelle n'était pas assez large. L'odeur...

Mestivoï ferma les yeux et bouscula l'assemblée, plus excité que quelques minutes plus tôt. Sa main frôla du tissu, et sa cleptomanie se réveilla sans même qu'il s'en rende compte. Pas plus qu'il ne se rendit compte du pavé légèrement surélevé placé juste devant son pied droit. Il attrapa un objet au moment même où son centre de gravité se rapprocha brusquement du sol.

Pourquoi fallait-il que cette fille saigne ? Hurla presque le vampire mentalement. Comment pouvait-il observer quoi que ce soit en gardant les yeux fermés afin de ne pas révéler une légère anomalie dans son regard.

Allongé sur le sol, le vampire se sentit vraiment... honteux. Et dire qu'il était un Slaviata... Il grogna un juron qu'il n'oserait jamais répété devant Lui...
avatar
Mestivoï
Débutant
Débutant

Messages : 280
Date d'inscription : 05/06/2011

Fiche Technique
Nom: Mestivoï Nezvanovitch Slaviata
Race: Vampire
Classe:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Lleyä Warjan le Sam 3 Sep - 3:49

Le cahot douloureux de ses jambes éraflées par le sol rugueux lui fit reprendre conscience. Une sorte de torpeur ponctuée d’éclairs écarlates de vive souffrance embrumait son esprit dans cet invisible étau glacé. Il lui était difficile de mener la moindre réflexion, ses souvenirs lui échappant même. Elle sentait le frottement de ses pieds contre les aspérités rocailleuses du sol ainsi que le battement de son sang au niveau de ses tempes douloureuses.
Que s’était-il passé ?
Ne lui restait en mémoire qu’un puissant et pourtant vague sentiment d’angoisse oppressante, éprouvée que bien rarement, une fatalité qui ne s’expliquait pas…

« Regarde moi cette loque qu’on traine ! Dégoutante Sang-Souillé… »

Voix dédaigneuse, emplie de haine… Choc cuisant… Voix railleuse… Ciel obsidienne… Fuite effrénée… Bousculades… Terreur… Fiole transparente… Raclement d’une chaise… Paroles échangées avec une silhouette d’ombres formée… Lueur tamisée d’une flamme… Visages dans la brume…
Tithrandril.

Un souvenir ? Un prénom ? Un lieu ? Quel était la signification de ce mot dont elle n’arrivait à saisir le sens ?

Un puissant sentiment de frustration l’envahit : car elle ne se rappelait pas.

Elle dut émettre un gémissement car l’un des hommes qui la portaient –elle sentait le contact sans délicatesse de leurs mains sur ses bras frêles et tremblants- l’invectiva violemment :

« Eh, la sale hybride, si t’es réveillée, marche ! »

En disant cela, lui et son compagnon la lâchèrent brutalement. Mais comme elle s’extirpait encore des entraves de l’inconscience, elle s’affala lourdement, son visage dévoilé à la lueur du haut astre nocturne heurtant le sol. Les deux hommes ne l’aidèrent pas à se relever cependant, en constatant que leur prisonnière restait immobile, l’un crut avisé de la réanimer d’une bonne taloche dans son flanc.

« Bouge-toi sorcière ! »

Une sourde plainte franchit les lèvres humidifiées par la boue de la jeune femme à demi consciente. Elle s’efforça de se relever, mais ces forces-ci lui manquaient. Toute sa volonté mobilisée n’eut pour résultat que le faible mouvement d’un bras.
Soupirant, les deux hommes la redressèrent sèchement, et continuèrent leur chemin vers une destination ignorée –ou oubliée ?- de leur captive. Depuis quelques minutes, ils avaient quitté les bas-fonds de la vile pour entrer dans le quartier noble, où vivaient les plus choyés par la vie. Hommes de prestige, fortunés dignitaires, riches héritiers… Un mélange hétéroclite d’argent honnêtement et durement gagné, et d’argent portant le sceau indélébile de la souillure.

Comment savait-elle cela alors que ses propres souvenirs fuyaient sa mémoire ?

Son corps se balançant au rythme soutenu de la marche de ceux qui la portaient, la jeune femme luttait pour se rappeler quelque évènement d’importance. Futile effort car son amnésie persista.

« Nous l’avons peut-être trop brutalisée non… ?
- Tais-toi donc si tu ouvres la bouche pour débiter de telles idioties. Un Sang-Impur ne mérite nul égard alors pour cette catin de sorcière meurtrière… !
- Oui mais si elle meurt avant que l’on la livre à la prison…
- Ferme-la ! »

Ainsi ils l’acheminaient lestement vers la prison. Et cet homme… Il l’avait traitée de meurtrière non ? Alors, elle avait tué quelqu’un ? Mais qui donc ? Ces questions sans réponses lui arrachèrent des larmes de frustration. Même si la vérité était horrible, elle voulait savoir ! Se rappeler ! Se souvenir !

***

« Les souvenirs sont l’essence même d’une personne, le seul bien qui mérite quelque valeur. Regarde ces gens parés d’or et d’argent. Ils croient se donner ainsi de l’importance, mais même affublés de milles bijoux et joyaux, ces instruments matériels et éphémères ne grandiront nullement leur âme. S’ils adviendraient à être dépouillés de ces richesses inutiles, ne leur resteront que leur souvenirs…
L’argent, l’or, les broderies, les tissus raffinés… Tout cela n’est destiné qu’à flatter leur ego. Tout cela, il est à la portée de n’importe quel homme de les posséder.
Au contraire des souvenirs qui n’appartiennent qu’à nous-mêmes. Nous sommes les acteurs et les responsables de notre propre condition, et il n’appartient qu’à nous de changer ce qui ne nous satisfait pas. Lutter contre les choix que l’on a fait, que l’on a fait pour nous, ou bien accepter les conséquences de ces décisions.
- Qu’est-ce qu’un homme dépouillé de ses souvenirs, Maîtresse ?
- Pas grand-chose dira-t-on, parce que nos actes de chaque instant sont dictés par notre mémoire. Et pourtant celui qui a perdu cette richesse de l’âme, peut aspirer un jour à les retrouver… Ce que l’esprit a oublié, le corps s’en souvient. Le contraire est vrai aussi, car ces deux mémoires distinctes et pourtant intimement liées sont les fondations de ton esprit. »
Un silence, puis :
« Délesté de ses deux mémoires, un humain n’est plus qu’un corps errant sans but. Mais si l’une reste, tout espoir n’est pas perdu alors. Et puis… Il y aura toujours une personne, un sillon invisible laissé par tes souvenirs dans ton esprit qui sauront dissiper tes oublis pour te rappeler. »


***

« Ce que l’esprit a oublié, le corps s’en souvient… murmura-t-elle. Il y aura toujours une personne, un sillon invisible laissé par mes souvenirs dans mon esprit qui sauront dissiper mes oublis pour me rappeler…
- Qu’est-ce que tu marmonnes sorcière ? l’interrogea brutalement l’un des hommes.
- Pourquoi… Pourquoi m’amenez-vous en prison ? »

Les deux hommes stoppèrent leur marche… pour finalement s’esclaffer bruyamment. La jeune fille avait posé cette question dans l’espoir que leur réponse éclaire ses souvenirs. Mais elle ne s’était pas attendue à cette réaction-ci.

« Elle nous demande pourquoi ? Hahaha ! Je m’étouffe de rire là…
- C’est juste hilarant !
- Tu veux savoir pourquoi ? Parce que tu es une meurtrière, une saleté de Sang-Souillé, une garce qui ne mérite pas de vivre, une sorcière ! Destinée au bûcher à mon avis ! »

Elle avait donc bien tué.
Cela, étrangement, ne la choquait nullement. Cela l’intriguait plutôt. Comment aurait-elle pu assassiner quelqu’un avec ses bras frêles de jeune femme ? Elle posa franchement sa question :

« Et comment aurai-je tué ?
- Ma parole, elle nous nargue là !
- Fais pas semblant de ne pas le savoir ! Tout Isinia te connait, toi avec tes combines d’empoisonneuse ! Faire mourir des gens de manière aussi lâche… ça me dégoûte ! »

Empoisonneuse ? Ca expliquait son appellation de « sorcière ». De nos jours, on qualifiait de ce surnom toute personne ayant quelque savoir utile ou nuisible à la société, tout ce qui caractérisait une personne capable d’accomplir quelques miracles…
Donc elle avait empoisonné des gens.
Un souvenir sur son identité de retrouvé, en plus des paroles murmurées à son esprit un peu plus tôt.

« Tous les Sang-Souillés ont la même idiotie que toi ou c’est une de tes particularités ? Et dire que je suis défiguré à cause d’une vermine de ton genre… »

La jeune fille entendit plus qu’elle ne sentit une main la gifler. Elle était si engourdie par le froid…
Ces hommes se vengeaient contre elle. « Je suis défiguré à cause d’une vermine de ton genre » avait-il dit. Bien des choses s’expliquaient mais subsistait ce sentiment de frustration.

« Allez-vous me tuer ? fit-elle d’une petite voix.
- J’aimerai bien te saigner maintenant, mais on doit d’abord t’arracher deux trois infos sur tes petits copains… »

Des complices ? Elle fronça les sourcils. Enfin cet homme lui avait promis une mort, après un interrogatoire. Si elle décédait rapidement, cela la sauverait de la folie. Car elle ne pouvait plus de ne plus se rappeler… ! Résignée, une pensée effleura son esprit : ils voulaient lui soutirer des informations compromettantes pour ses « petits copains » mais devant son mutisme, nul doute qu’ils… la tortureraient.
La jeune femme ferma les yeux, essayant d’oublier l’angoissante perspective de son avenir comme elle avait oublié ses souvenirs.

Autour des trois venus, une foule intriguée commença à se former, gênant leur avancée. Aucune chance que ces badauds ne lui viennent en aide : ils étaient juste là pour satisfaire leur curiosité et pour rompre un peu de leur monotone vie.

« Qui sont-ils ? chuchotait-on à leur passage.
- Cet homme masqué…
- N’est-ce pas le lieutenant sous les ordres de Varmenras ?
- Je ne connais pas l’autre homme…
- Qui est cette femme ?
- Elle est blessée…
- Sa tête me dit quelque chose….
- … dommage qu’elle ne relève pas la tête pour qu’on l’identifie…
- Vous avez vu son pendentif ?
- Mais c’est… !
- On dirait une fleur…
- …Y a une pomme aussi…
- Ils ont attrapé le Lys Blanc !
- Quoi ?!
- Enfin !
- Vous pensez qu’on va l’exécuter ?
- Elle va expier ses crimes !
- Ce n’est pas trop tôt ! »


Dès lors qu’ils l’eurent identifiée, des crachats éclaboussèrent ses habits dépareillés, des pierres la blessèrent un peu plus –sans qu’aucune ne pusse lui ôter la vie-, et des injures à son égard furent proférées alors que l’on applaudissait les deux hommes qui la portaient ; ils furent acclamés joyeusement par la populace.

« Sale sorcière !
- Satanée Sang-Souillé !
- Crève, garce !
- Brûle en Enfer, catin du Diable ! »


Si elle n’était en si mauvaise posture, elle aurait rit de leurs injures : on aurait dit qu’ils rivalisaient à qui trouverait l’insulte la plus blessante et la plus originale. Bande de porcs, songea-t-elle. Tels ces porcins, ils s’alimentaient de n’importe quel met émotionnel, sans éprouver la moindre onde de compassion ou de sentiment d’ailleurs.

Alors que l’amère ironie sarcastique du désespoir enveloppa ses pensées, un évènement agita la foule.
avatar
Lleyä Warjan
Expérimenté
Expérimenté

Messages : 421
Date d'inscription : 01/05/2011
Age : 22
Localisation : Aux alentours d'Isinia

Fiche Technique
Nom: Lleyä Warjan
Race: Sang-Mêlé
Classe: Rôdeur

Voir le profil de l'utilisateur http://terres-de-wyrd.forumsgratuits.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Helian Liadon le Ven 30 Sep - 6:21

Helian et Mrath s'étaient séparés pendant la nuit, après avoir échangé quelques informations. Alors, là-bas... C'était pour bientôt... Dommage qu'il ne puisse pas y retourner à temps, cela promettait...
Lorsqu'il sortit, le matin, il était à nouveau habillé de manière à dissimuler ses origines. Vraiment peu pratique, décidément. Avec une allure pareille, il risquait d'être rapidement repéré... Loup Noir par-ci, Loup Noir par-là... cela commençait à devenir lassant, cette popularité... ou plutôt impopularité... Quand il pensait au temps où il était l’Errant…
Le Fils du Vent sourit. Écumant les tavernes et les villes, il avait été le compagnon de maints joyeux lurons. Ne ratant pas une occasion de s’amuser, parfois au dépend d’autres, ils avaient été vus comme des brigands par certains, comme des irrésistibles téméraires osant tout et apportant partout une ambiance étonnamment décontractée… Parmi leurs amis… Il était sûr que bon nombre d’habitants d’Isinia devaient se souvenir de lui, malgré le temps passé…

Soudain, il eut une idée. Il fouilla dans un coffre de la planque et en sortit une magnifique cape écarlate. Il eut un sourire. Avec ça, il serait encore moins discret, mais le Loup Noir ne se promenait pas avec une cape rouge. C’était la plus stupide façon de se déguiser dont il ait entendu parler, mais ça pourrait peut-être marcher…

Alors qu’il déambulait dans le quartier riche, il entendit une rumeur. On avait attrapé le Lys Blanc. Tous se pressaient pour assister au spectacle. Elle était en train d’être escortée vers la Prison. Vers la Prison… Alors l’affaire n’avait pas été ébruitée ? Étrange… Les prisonniers s’étaient échappés… discrètement ? Étonnant, ceux-là devaient avoir un bon instinct de conservation…
Toujours était-il que ces Kentans avaient du culot… Ils emmenaient déjà de nouveaux prisonniers alors que la Prison venaient juste de se faire infiltrer… Irrattrapables… Pourquoi ne pas aller voir cela de plus près ? Il avait déjà entendu parler de ce Lys Blanc, une hybride empoisonneuse apparemment… Ça vaudrait sûrement le coup…

Au début, il avait compté se faufiler dans la foule… Mais il avait oublié que les Kentans étaient attentifs parfois… Les gens s’écartaient sur son passage, fronçant les sourcils. Allons bon, il avait tant l’air d’apporter les ennuis que cela ? Bon, autant essayer un autre rôle alors…
Helian fit un beau sourire canaille à la foule. En réponse, les nobles s’écartèrent plus encore de lui. Helian se retint de rire. C’était raté, il avait perdu l’habitude, il allait falloir récupérer l’expérience perdue. L’Errant pourrait bien refaire surface un jour ou l’autre après tout…
Il finit par arriver devant les gardes qui accompagnaient la criminelle. Soudain, Helian se décida. Allez, un peu d’animation ne lui ferait pas de mal… même s’il en avait déjà eu la veille. S’approchant des deux gardes, il enleva tranquillement sa cape. Il préférait éviter de la salir, c’était un joli vêtement après tout…
Les gardes n’avaient pas mis longtemps à réagir, ils avaient déjà lâché le prisonnier et dégainé leurs armes.
Et voilà, encore un combat, décidément, cela n’en finissait pas… Et il allait encore tuer des gardes… Sauf si… Peut-être qu’il accepterait…
Ah, il pouvait ? Sympa ! Il lui revaudrait ça… Comment, ce n’était pas la peine parce que ça l’arrangeait ? Étrange… Enfin, inutile de chercher à le comprendre.
Une rafale de vent surgit de son dos, et renversa les gardes par sa violence. Helian en profita pour s’élancer en avant et saisir l’ex prisonnière par le bras, et se prépara à courir.
- Vous feriez mieux de me suivre et de courir avec moi, ils sont du genre rancunier…

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Mestivoï le Dim 2 Oct - 3:05

Le nez encore dans les pavés, il entendit la foule murmurer, des pas approcher, et sentit une botte noire en cuir lui écraser les doigts... Et par la chaussette gauche de la mère Avdotya, ça, ça faisait un mal de gueux !

La tête du vampire se releva sous le choc, une grimace fort peu digne sur le visage.

L'Ecraseur fit un pas de plus, lui permettant de ramener sa main près de son visage pour souffler dessus de manière désespérée. Bobo... Mère Avdotya, ayez pitié... Il le voulait pourtant tellement... être digne des Slaviata. Et à la place de ça, on le prenait pour un paillasson ! Ou un pavé, au choix... Avait-il donc une tête de pavé ? Il devrait regarder ça dans le prochain miroir qu'il croiserait...

Toujours est-il qu'il se releva "dignement" -enfin, autant qu'il le pouvait-, vérifia vaguement que ses doigts fonctionnaient toujours, et constatant que c'était le cas, se retourna vers l'Ecraseur, prêt à accomplir sa vengeance.

Ce dernier avait à présent enlevé sa cape rouge, provoquant murmures et réactions diverses. Avait-il donc manqué quelque chose ? Mais avant qu'il ait pu réfléchir plus longuement à la question, une rafale de vent survint. Une rafale de vent... Une rafale de vent au milieu d'une ruelle ?! Diablerie !

Il vit les gardes tomber, et lui-même battit vainement des bras pour rester debout.

...

Plus tard, il dirait que c'était sa fascination pour les pavés qui l'avait poussé à retourner les examiner de plus près. Oui, voilà, c'était une chute tout à fait volontaire !

Mais pour l'heure, il se releva précipitamment, juste pour voir l'homme kidnapper la fille en sang... Et ça, ça n'allait pas. On ne lui volait pas son repas sans une bonne raison ! Il partit à la poursuite des deux personnages, se criant mentalement le mot "Vengeance" pour s'encourager, tout en repassant la scène dans sa tête. La foule avait nommé la gamine "le Lys Blanc"... Le Lys Blanc... Elle avait aussi dit "empoisonneuse". Donc elle tuait sans être sur place et pouvait être suivie sans danger, surtout vu son état. Quant à l'autre personne... Il avait vaguement entendu quelqu'un dire "Loup Noir". Quelle idée... Les gens ne pouvaient donc pas juste se faire connaître sous leur propre nom ?

En somme, il suivait deux personnes ayant honte de leur nom ou voulant le cacher, des gens qui fuyaient. Des lâches. Donc sans danger pour lui...

Puis le franc tomba. "Loup Noir"... Par les courbes de la jeune Strastiascova deuxième du nom ! C'était un de ceux dont la Mère lui avait dit en riant que ce n'était certainement pas du gibier pour lui !

Sans arrêter de courir, Mestivoï bifurqua dans une autre ruelle. Mais non, il ne fuyait pas. Quelle idée voyons, il se rappelait seulement qu'il avait très faim et ne devait plus trop traîner, donc il était absolument hors de question qu'il suive deux personnes au hasard. Après tout, rien ne valait le confort d'une petite maison. Oui, voilà, c'était ça, il se rappelait de ce qui était vraiment important. Fuir devant le Loup Noir ? Haha, quelle bonne blague, jamais il ne ferait ça !

Il finit par ralentir l'allure dans une petite rue lui disant vaguement quelque chose.

Oubliant ses doigts endolori et son égo couvert de poussière, le vampire eut un petit sourire. Quelle bonne idée... Commencer ici sa nouvelle vie vampirique, comme avant...
avatar
Mestivoï
Débutant
Débutant

Messages : 280
Date d'inscription : 05/06/2011

Fiche Technique
Nom: Mestivoï Nezvanovitch Slaviata
Race: Vampire
Classe:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Lleyä Warjan le Dim 2 Oct - 4:50

Une agitation anormale parcourait la foule pressée autour d’elle de manière concentrique comme se meuvent les flots à cause d’une onde.
Quelque chose c’était passé… ?
Mais elle était bien trop faible, et surtout très découragée, pour avoir la force de lever la tête et ainsi obtenir des réponses. Elle n’était plus qu’un corps lourd seulement maintenu au-dessus du sol grâce –l’ironie ne lui échappait pas- à la ferme poigne des deux hommes l’encadrant… Les injures avaient laissé place à des murmures. Elle était cependant encore assez lucide pour deviner qu’elle n’était plus la cible des ragots et commentaires : quelqu’un d’autre attirait l’attention de la foule, une présence incongrue.
Une lueur d’espoir se ralluma de ses cendres.
S’il y avait assez d’agitation, peut-être pourrait-elle y trouver une occasion pour s’échapper… ?

Elle vit devant ses yeux se dessiner l’ombre de deux pieds chaussés plutôt élégamment, sans que cela aurait pu être l’un des nobles de ce quartier corrompu. Assurément, ces deux pieds appartenaient à l’individu qui avait suscité les commentaires de la populace.
Qui… ?
Il y eut un mouvement, et en parfaite synchronisation, les deux mains lâchèrent ses bras pour s’emparer du manche de leur lame respectives. Surprise et lasse, la jeune femme s’écroula lourdement contre le sol sali par les incessants va-et-vient des habitants.
Ouch!

Puis avant qu’elle n’eut le temps de se rétablir pour s’enfuir avec ses dernières forces, une bourrasque violent balaya plusieurs des personnes aux alentours. Puisque à terre, elle put rester campée sur sa position.
Doucement mais d’une façon pressée, on la saisit de nouveau.
Elle voulut se dégager par instinct mais en voyant les pieds de celui qui la tenait, la surprise lui fit relever la tête.

« Vous feriez mieux de me suivre et de courir avec moi, ils sont du genre rancunier…
- Que… »

Il fit volte-face, préparé à prendre la fuite. Comme l’inconnu lui présentait un visage avenant, elle se décida à l’écouter….
Tous deux s’enfuirent, passant au travers de la foule qui s’écartait devant eux. Les injonctions des deux gardes parvinrent à son ouïe et elle ne put réprimer un petit rire.

« Arrêtez-les !
- Bande d’idiots ! Stoppez-les ! »

Mais ils oubliaient que cette foule n’était alors réunie qu’afin d’assister à un spectacle divertissant. En entravant l’avancée des deux fuyards, ils mettaient fin à ce qu’ils étaient venu voir… Aussi cela n’étonna guère la jeune femme quand ils purent atteindre les limites du quartier noble sans que quiconque ne les ait ralentis.
Cependant, ses dernières forces exaltées par l’espoir et la surprise s’estompèrent, et malgré la poigne de son sauveur, elle chuta sans aucune grâce, la tête la première.

« J’en ai ras-le bol de me casser la figure, zut ! »

Elle n’avait pas pu s’empêcher de laisser s’exprimer son agacement croissant. Encore un peu et elle terminerait défigurée. Déjà un fluide vermeil s’échappait de ses narines, ajoutant un peu plus de carmin à sa tenue ivoire jadis. Quel visage elle devait offrir…
Un sourire se dessina sur son visage.
Elle venait d’échapper à la mort et voilà que sa première pensée fut à l’apparence qu’elle avait. Elle savait bien pourtant que le narcissisme n’était pas un de ses traits de caractère en temps normal…
Le sourire s’effaça.
Comment pourrait-elle en être sûre, hein ? Elle avait oublié pas mal de choses après tout. Mais au fait… Comment elle s’appelait, déjà ?

L’inconnu la pressa : les gardes arrivaient.

« Savez-vous qui je suis ? »

Après tout, il l’avait sauvée, alors il devait avoir une raison, non ?
avatar
Lleyä Warjan
Expérimenté
Expérimenté

Messages : 421
Date d'inscription : 01/05/2011
Age : 22
Localisation : Aux alentours d'Isinia

Fiche Technique
Nom: Lleyä Warjan
Race: Sang-Mêlé
Classe: Rôdeur

Voir le profil de l'utilisateur http://terres-de-wyrd.forumsgratuits.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Helian Liadon le Dim 2 Oct - 6:56

Allons, bon... voilà que la damoiselle ne pouvait plus courir... Le sport, c’est bon pour la santé, on ne le dira jamais assez…
« Savez-vous qui je suis ? »
Helian soupira et ne répondit pas. Ce n’était pas vraiment le moment… Et les gardes qui se rapprochaient…
Saisissant l’hybride délicatement (on ne brusque pas les dames, les bonnes habitudes ne se perdent pas) mais prestement, il repartit en courant, la portant devant soi, comme on porte… eh bien… un blessé.
- Je ne tiendrai pas bien longtemps à cette allure-là, alors tenez-vous tranquille. Je vais vous trouver un abri temporaire.
Ce qui n’était pas totalement vrai. Il pourrait tenir longtemps sans trop de problème, il avait vu pire comme situation. Mais il préférait garder ses forces pour gérer les potentielles inconnues…
Accélérant la cadence, il prit bien soin de passer par des voies inhabituelles, et sans avoir l’air de suivre un itinéraire précis, pour semer tous types de poursuivants. Il se dirigea néanmoins vers les Bas-Fonds. Les imbéciles qui avaient cru reconnaître en lui le Loup Noir s’étaient trompés. Le Loup Noir aurait tué les gardes. Le Loup Noir ne se serait pas donné la peine d’escorter l’hybride. Non, il était l’Errant. Et c’est pourquoi il se dirigeait vers l’Auberge Oshtan. Le propriétaire était un vieil ami, et cela faisait longtemps qu’il ne lui avait pas rendu visite. Trop longtemps… Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu parler de la taverne, peut-être avait-elle fermée. Mais Shân habitait sûrement encore ici. Il n’aurait changé d’habitation pour rien au monde, Helian le savait.
Arrivé près de la bonne rue, Helian vérifia que personne ne les suivait ni ne l’avait remarqué. Arrivé devant la porte de derrière dissimulée, il toqua précipitamment.
Un jeune homme vint ouvrir. D’après ses traits, c’était sûrement le fils de Shân…
- Amène-moi Shân. De la part de l’Errant.
- C’est que…
- Quoi donc ?
- Il est souffrant…
- Pardon ? Laisse-moi entrer, je dois le voir !
- Mais… vous…
- Rassure-toi, je ne te veux rien, et je n’apporte pas plus d’ennuis qu’avant.
Hésitant, le jeune homme laissa Helian entrer, à la vue de la blessée. Ce devait être sérieux…
Une fois à l’intérieur, l’Errant se retourna vers le jeune homme.
- Où est Shân ?
- Euh… Dans sa chambre. Elle est…
- Je sais où elle est, merci. Je reviens, donne les premiers soins à cette jeune femme, ton père t’a sûrement appris à faire cela.
Déposant délicatement l’hybride sur le sol, il lui fit un sourire rassurant.
- Je reviens. Tu peux faire confiance au garçon, il a été bien éduqué.
Il n’avait pu empêcher de glisser une note de malice dans sa dernière phrase. Si c’était bien le fils de… Shân !
La mine de l’Errant se fit grave. Rapidement, trahissant ainsi sa connaissance des lieux, il se dirigea vers l’escalier et grimpa les marches quatre à quatre. Dans le couloir, il courut pour atteindre la porte du fond, sur laquelle il frappa quatre coups, le dernier après un petit temps d’attente, et entra.

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Cassandra le Lun 3 Oct - 6:49

Lorsque Cassandra arriva devant ce bloc de pierre gris, délabré et lugubre, une rumeur traversait les ruelles.
Tout le monde parlait de ''Lys Blanc'', d'execution.... Et soudain, une grande foule se réunit autour de la jeune femme que la vampire suivait depuis un temps.
Génial. Cette fille a dû vouloir me donner faim.
Cassandra s'arrêta donc à distance respectable. Ca ne serait pas elle qui sortirait l'elfe, le Lys Blanc, ou qui qu'elle soit, de ce pétrin. Ni le pauvre homme face contre terre.
Un homme étrange entra alors en scène, Le héros de l'histoire pour enfant, couvert d'une cape plutôt... Voyante. Qui fit ricaner la vampire.
Et il fit s'écarter la foule. Comme si tout le monde le connaissait. Et quoi qu'il fasse, il libéra la femme de la taverne.
Cassandra ne sût pas comment il agit, ni d'où la soudaine bourrasque de vent arriva. Mais elle sût que '' le pauvre homme '' était plus dangereux qu'il ne paraissait au premier regard. C'était juste un vampire paraissant très frustré de perdre son déjeuné. C'étaient ses yeux luisants qui viraient au rouge, ainsi que l'allongement de ses canines plus ou moins menacantes qui en donnait l'idée à Cassandra.
Et il allait à coup sûr chercher un autre casse-croûte.
Un vampire... Qui aurait peut-être les informations que la vampire cherchait. Un vampire qu'elle allait tout naturellement suivre. Puis aborder de façon plus ou moins... Descente.

Cet homme, d'apparence ténébreuse, commença à courir à toute allure. Cassandra le laissa avancer puis s'élanca à sa poursuite, aussi vite que possible... Tout en essayant de ne pas faire claquer ses chaussures trop fort sur les pavés boueux des ruelles qu'il empruntait. Et en maudissant la robe empruntée à Lenne, utile pour passer inaperçue mais assurément inutile pour les poursuites.
Cassandra l'entendit ralentir l'allure, et en fit de même. Elle eût l'imprudence de montrer son visage, poussée un peu trop vite par la curiosité.
La ruelle dans laquelle le vampire s'était arrêté était sombre et poussiéreuse.

J'ai au moins vu ça. Peut-être aurai-je dû... Retourner à l'auberge.
Cassandra se colla contre le mur d'une maison presque en ruine, ralentissant sa respiration. Elle attendrait que ce vampire ait dîner pour l'aborder. Peut-être serait-il plus aimable ? Avec un peu de chance, il ne l'avait pas repérée.
avatar
Cassandra
Expérimenté
Expérimenté

Messages : 151
Date d'inscription : 09/06/2011
Age : 22
Localisation : Héhé devant mon ordi :)

Fiche Technique
Nom: Cassandra de Nymidël
Race: Vampire
Classe: Rôdeur

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Lleyä Warjan le Dim 9 Oct - 5:12

« Je ne tiendrai pas bien longtemps à cette allure-là, alors tenez-vous tranquille. Je vais vous trouver un abri temporaire. »

Il ne tiendra pas ? Malotru ! Il avait beau être son sauveur, pour cela elle lui en était infiniment reconnaissante, mais de là à ne pas savoir parler aux demoiselles… Car qui dit « ne pas tenir » insinuait « parce que vous êtes trop lourde ».
Brin de cyprès, va !

Hum. Etait-ce normal de formuler ce genre d’insultes ?

Mais enfin la jeune femme indignée qu’elle était n’eut point le loisir de converser plus longtemps avec ses pensées agacées, car rapidement le cahot rythmé marqué par les pas de Brin de Cyprès –ne connaissant son nom, appelons-le ainsi pour l’instant- raviva quelque souvenir dans sa mémoire en pagaille…

deux voix… des railleries profuses dans l’air clair de la nuit embrumée… au loin, la lumière tamisée de… de quelque chose.

Un autre souvenir.

un visage dans la nuit… deux yeux vairon, un sourire inquiet qui se voulait rassurant… une promesse.

Une migraine atroce…
Satanée mémoire défaillante ! Les bulles des souvenirs de sa mémoire défaillante émergeant soudainement avant d’éclater dans une gerbe de gouttelettes sur la surface de sa conscience commençaient réellement à l’énerver. Depuis un moment, elle avait franchi le cap du simple agacement… Quoi qu’il en soit, il lui fallait récupérer sa mémoire avant que cette fichue amnésie ne lui cause un trépas prématuré.
On l’avait accusée d’être une meurtrière après tout non ? Et puis on allait l’emprisonner avant d’assurément l’amener se faire proprement exécuter.
Un joli programme, certes, mais comment s’en réjouir en ignorant les circonstances hasardeuses qui l’avaient menées là ?!

Tellement absorbée par ses débats intérieurs, elle ne s’était pas tout de suite rendue compte que les pas de Brin de Cyprès s’étaient arrêtés. Curieuse, elle tenta de pivoter la tête à 180° (puisque son malotru de sauveur l’avait juchée sur son épaule comme un vulgaire sac de feuilles mortes ou de patates, imagez-cela comme vous le voulez), histoire de voir où il l’avait emmenée… Par simple précaution.

« Mais… vous…
- Rassure-toi, je ne te veux rien, et je n’apporte pas plus d’ennuis qu’avant. »

Le jeune homme qui discutaillait avec Brin de Cyprès semblait bien peu enclin à lui offrir l’hospitalité tant demandée, malgré la dernière phrase de Malotru. Il fallait dire qu’il ne devait guère le rassurer en affirmant apporter quelques ennuis. Pauvre petite pousse de chardon.
A l’évocation de cette image, elle vit mentalement la silhouette épineuse de la plante se dessiner…
Etrange chose que voilà…

Son regard pensif rencontra à ce moment les yeux hésitants de Pousse de Chardon. Pour une raison inconnue, cela le convainquit à laisser passer Brin de Cyprès. Alors le chardon rétracte ses épines devant le Lys? Intéressant…
Brin de Cyprès la déposa avec autant de distinction et de grâce que lorsqu’il l’avait perchée sur son épaule.
Ton sourire ne t’excusera pas godelureau !

« Je reviens.

T’as tout intérêt Brin de Cyprès. S’il l’avait débarquée là pour l’y abandonner… Son ire le poursuivrait jusqu’aux tréfonds de l’enfer, même jusqu’à ce qu’il soit annihilé par les ardeurs de sa colère.

« Tu peux faire confiance au garçon, il a été bien éduqué. » poursuivit-il.

Etait-ce de l’amusement qui résonna alors joyeusement sur ses derniers mots ? Elle n’eut le temps lui poser la question avant que Brin de Cyprès ne s’éloigne, empruntant un escalier non loin de là. Ah tiens ! Voilà qu’il la tutoyait. Ce fut rapide.
Puisque ce dernier était parti, elle choisit une autre cible et fit face à Pousse de Chardon de manière résolue.

« Chez qui me trouve-je ? Non pas qu’être à l’abri ne me satisfasse pas, c’est d’ailleurs tout le contraire, mais j’affectionne d’être informée sur les lieux que j’arpente et sur l’identité des personnes avec qui je m’entretiens… »

Elle ponctua ses derniers mots d’un haussement de sourcil significatif. Par ailleurs, cette maison était trop éclairée à son goût. L’obscurité était plus propice à la sûreté… Au fait, il fallait panser ses blessures.

« Vous, enfin tu si ça ne te dérange pas, n’aurais pas des bandages propres? Blancs de préférence pour mieux surveiller l’état de la plaie. Attends, je vais te lister ce dont je nécessiterai… Hum, voyons… »

Elle leva un doigt impérieux suivant le fil de ses propres pensées, gesticulant tout autant futilement que ses propos parfois égarés.

« Des feuilles d’artichaut, non pas pour les manger, ce n’est franchement pas comestible à mon goût, ou alors des reines des prés que j’en fasse une infusion… »

Elle secoua la tête lentement de droite à gauche, puis de gauche à droite, la penchant finalement pour presser son front contre sa paume moite et sanglante.

« C’est que j’ai un peu de fièvre. Enfin. Je crois. »

Elle papillonna des paupières comme une éberluée.

« Bref. Cher Pousse de Chardon, je disais donc… Des œufs. Tu en aurais ? Sûrement. Qui n’en aurait pas ? A moins de les avoir tous mangés… (froncement de sourcils) Alors du coing dans ce cas. »

Elle resta silencieuse durant un court instant, comme si elle avait fini de parler. Vain espoir pour la pauvre Pousse de Chardon, il lui restait pas mal de choses à ajouter à sa liste.

« Ah et puis des feuilles de menthe ou des pervenches fraîches pour aider à la cicatrisation… Mes éraflures sont assez douloureuses pour ainsi dire. »

Elle les palpa du doigt avec un regard songeur.

« Eventuellement de l’onguent de sauge… »

Elle leva une main.

« Attendez. Ah si, je m’en souviens. J’en ai sur moi. Dans ma sacoche. (grand sourire béat) Donc pas besoin d’aller en chercher. Mais ma fiole de pervenche est vide. Ah non. Par contre des orties ne seraient pas de trop. Juste les feuilles attention ! Des pétales et des capitules de souci. De la verveine. Et…. »

Elle s’écroula –pour la troisième fois, ou la quatrième ? elle avait perdu le compte- comme un sac de patates. Ou de feuilles mortes.
avatar
Lleyä Warjan
Expérimenté
Expérimenté

Messages : 421
Date d'inscription : 01/05/2011
Age : 22
Localisation : Aux alentours d'Isinia

Fiche Technique
Nom: Lleyä Warjan
Race: Sang-Mêlé
Classe: Rôdeur

Voir le profil de l'utilisateur http://terres-de-wyrd.forumsgratuits.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Tithrandil le Jeu 20 Oct - 20:16

Tithrandil était seul.

Il avait suivi l'inconnue jusqu'à la bâtisse de pierre, le visage masqué pas ça capeline. Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient, il commença à distinguer de nombreuses personnes agglutinées autour de Lleyä, les membres ballants, ayant toujours les bras tenus fermement par les deux hommes.

Dans quel pétrin a-t-elle pu encore se fourrer…

Tithrandi se doutait que la jeune femme ne devait sûrement pas avoir que des amis prêts à aller cueillir deux ou trois fleurs dans les champs en rigolant dans Isinia, mais quand même. De là à se faire arrêter quelques minutes pares leur arrivée… Il fallait le vouloir !

Soudain, un mouvement attira son attention, l'extrayant de ses pensés. Un homme s'approchait du groupe. Un homme… Différent des autres. Un sentiment d'appréhension naquit au creux de son ventre. Sa démarche n'était que trop sûre… Un puissant pouvoir prit soudain effet, et l'inconnu fonça sur son amie toujours lasse, lui ôta la poigne de ses ravisseurs et la tira en courant.

Et mer…

Il n’avait pas eu le temps de réagir que déjà l’homme courrait dans les ruelles sombres, suivis de ce qui semblait être des gardes. Affolé, parfaitement conscient qu’il pourrait pas retrouver la trace de Lleyä, il chercha du regard la femme qui l’avait mené jusqu’ici... et ne la trouva pas. Elle avait dû partir avec l’agitation ou quelque chose comme ça...

La peur lui mordait le ventre. Il était en territoire hostile, seul, sans aide. Sans personne. Il décida de retourner sur ses pas, furtivement. Ce lieu ne le laissait tranquille. Et s’il retournait à la taverne ? Son amie l’avait-elle fait connaître comme elle lui avait dit ? Ce serait de grands risques à prendre. Trop gros risques en l’occurrence... Mais s’il restait passif, il mourrait...

Saleté !

Il courut vers l’auberge, jurant de plus en plus violemment contre lui même et Lleyä. Il était dans un beau pétrin.
avatar
Tithrandil
Expérimenté
Expérimenté

Messages : 487
Date d'inscription : 20/02/2011
Age : 22
Localisation : Aux portes de l'enfer, pour provocation d'admin ! (mais sinon, à la recherche d'un antidote avec Lleyä)

Fiche Technique
Nom: Tithrandil Blad'Nir
Race: Haut-Elfe
Classe:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: La Prison

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum