L'Histoire du Monde

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'Histoire du Monde

Message par Krayth le Sam 5 Fév - 11:10

L'Histoire




I/ L'ère des Anciens

Autrefois, il n'existait qu'une seule race intelligente vivant sur Shramia : les Anciens. Ils régnaient alors en seuls maîtres sur ce monde. On ne sait que peu de chose de cette ère, sinon qu'elle fut particulièrement pacifique, les Anciens ne connaissant étrangement pas la guerre, du moins pas une échelle globale et absolue. Si cela était dû à une solidarité ou une unité particulière rien n'est moins sûr, tant les évènements de cette période se sont dilués dans le temps.

Les Anciens, bien que particulièrement avancés, pouvaient se montrer aussi orgueilleux que modestes, aussi bons que cruels. Le peuple hétérogène par excellence.
Cette période de paix relative fut rompue à l'arrivée des Dieux.
Ces êtres qui se prétendaient être d'ascendance divine, ne venait pas de Shramia, on ignorait leurs origines mais toujours fut-il qu'un beau jour ils apparurent bien décidés à s'imposer.
Ils étaient organisés en divers panthéons composés d'un ou plusieurs dieux. Même si tous les dieux n'étaient pas équilibrés ou même ne serait-ce que semblable, chaque panthéon était fait de de façon à ce que chacun d'entre eux se correspondent.
Les Anciens avaient compris très vite, tout comme les nouveaux dieux : ils ne pouvaient pas coexister. De ces deux peuples, un seul pouvait régner sur Shramia. Ce fut la Première Guerre Absolue et Globale à avoir jamais été faite sur Shramia.
Les deux camps étaient tous aussi désorganisés, les dieux s'affrontaient autant qu'ils combattaient les anciens. Mais peu à peu, le combat commença à pencher en faveur des dieux, et vint le jour où les Anciens surent qu'ils allaient disparaître.
Ce jour là, ils créèrent les races qui habitent aujourd'hui Shramia, les créant à leur image avec leur essence même et ce sans cependant pouvoir les doter d'un véritable équilibre.

Le dernier jour de la guerre contre les dieux, ils se réunirent pour la première fois, et ensemble ils unirent leurs forces et leurs pouvoirs pour renvoyer les dieux de Shramia et les empêcher d'y revenir.
Ainsi disparurent-ils en interdisant aux Dieux de prendre forme sur Shramia avec l'espoir que leurs succésseurs seraient assez fort pour leurs résister...




II/ La moyenne-ère



Désormais, le monde de Shramia est peuplé par de nombreuses races, toutes plus différentes les unes que les autres. Pendant des siècles ces différents races se sont partagés le monde.
Au départ aucune race ne s'était réunie sous une même bannière, d'ailleurs le mot "race" ne leur était même pas encore venu à l'esprit,il n'y avait pas les humains d'un côté et les éthérés de l'autre.
C'était plutôt diverses petites tribus dans lesquelles, parfois même, diverses races cohabitaient dans une harmonie précaire.
La paix n'est, cependant, pas éternelle, à peine quelques siècles s'écoulèrent à la fin de la guerre des Anciens que celle-ci vola en éclat et que les tribus s'affrontèrent.
Des civilisations entières disparurent et s'élevèrent dans ces multiples guerres.

La moyenne-ère est surtout connue des historiens comme une période de trouble, parsemé de conflits armées, politique et culturelle.
Nombreux sont les héros, chef militaire ou empereur a s'être créé une place dans les légendes et les mythes. Bien que tous ne soient désormais plus connus, des contes et légendes racontant leurs exploits sont encore et toujours connu de nos jours. C'est notamment durant cette ère que sont apparus L'Arpenteur, ainsi qu'Irgandes, et beaucoup d'autres...
Malgré le nombre d'empire et de civilisation à s'être formé, rare sont ceux à avoir survécu bien longtemps. De ces empires sont nées les Grandes Cités. Bien qu'elles aient très souvent changé de main, les différents et successifs apports culturelle n'ont fait qu'assurer leur position d'importance.

Ces changements créèrent cependant un décalage entre les Grandes Cités dignes d'être la capitale de grands Empires et les petites tribus qui les occupaient, et qui, bien qu'incapables de les garder sous leur influence en raison du manque de moyen, aidaient inexplicablement à se développer..
Les cités ainsi fondées furent nommées : Isinia, Shadonia, Ethéria, la Cité Frontalière ou comme on l'appelait lors de sa fondation "Kal'Razak", Lonimar et enfin Kharid.



III/ L'ère de l'Unification



L'humanité tout au long de son histoire a toujours eu du mal à s'imposer. Elle n'avait pas la force des Orcs, l'agilité des Elfes, la magie des Ethérés, l'ingéniosité des nains ou la fourberie des gobelins. Si bien que les autres races l'exploitaient librement profitant de leur ascendant.

Jusqu'à l'arrivée de celui que l'on nomme l'Unificateur.

Shadon Oshtan.

A sa naissance, ses parents l'abandonnèrent le croyant maudit en raison de sa désormais fameuse tache de naissance.
Comme tout autre enfant abandonné de l'époque, il aurait sans doute dû vivre et finir sa vie dans la misère incapable d'avoir une vie digne de ce nom. Le destin, cependant, en avait décidé autrement. L'année de ses 15 ans, un groupe de bandits humain attaqua le village dans lequel il vivait. Les bandits pillèrent, brûlèrent et ravagèrent l'endroit tuant tous les non-humains et une partie des humains qui avaient tenté de résister. Cependant le garçon sans nom fut épargné par l'un d'entre eux.
Le chef de la bande, Varon Oshtan.
C'était un homme grand, bourru et très puissant. Il tenait plus du seigneur de guerre que du bandit. Cet homme avait un rêve, un rêve incroyable. Il rêvait de réunir tous les humains sous une même bannière et de
les libérer du joug des "Xénos". Il proposa aux humains qu'il avait libérés de le suivre, une fois qu'il leur expliqua son ambition, la plupart refusèrent mais Shadon fut un de ceux qui restèrent. Varon fut impressionné par le courage du "jeunot" comme il l'appela et fit de lui son second.
Dans les années qui suivirent ils attaquèrent de nombreux villages pour subsister, Shadon fit ses premiers faits d'armes lors de ses raids. Il se démarqua très vite des autres, de par sa beauté, son talent dans le maniement des armes et son charisme. Charisme dont Varon manquait cruellement. Suite à un piège tendu par les autorités du pays qui allait devenir le royaume Oshtan, Varon mourut ainsi que de nombreux membres de la bande. Selon toute vraisemblance, la bande aurait dû se disperser et cesser ses méfaits. Seulement, Shadon rassembla les restes de la bande et prit sur lui de réaliser le rêve de Varon.
Shadon garda le nom de l'ancien chef pour honorer celui qui avait tant fait pour son, leur, rêve.
Contre toute attente, il réussit, cinq ans après avoir pris le commandement de la bande, il était devenu l'un des cinq Seigneurs de Guerre les plus puissants du continent, il ne dirigeait pas seulement des soldats mais aussi des femmes et des enfants, ils formaient plus une nation nomade qu'une armée. Shadon estima donc qu'il était temps de s'installer. Ils
s'installèrent vers l'ouest du continent et la première nation humaine vit le jour, chassant les anciens occupant, des Hauts-Elfes, par la force. Le mot se répandit que les humains avaient créé une nation pour eux, une première dans l'Histoire du monde. Les autres humains désireux de se débarrasser du joug des autres races fuirent en masse vers ce nouvel Éden. Rapidement le nouveau territoire devint trop petit et le besoin de s'étendre se fit sentir. Shadon partit en guerre et ses flammes embrasèrent le monde comme jamais auparavant.
Les nations voisines se firent écraser, l'armée gigantesque de Shadon broyant les maigres armées assemblés à la va-vite pour le stopper. Les flots de réfugiés semblaient sans fin. En deux ans l'empire de Kentan avait conquis plus d'un tiers du
continent.

Ailleurs quelque chose de semblable se produisait, le clan Drow Nalmanar de l'Archipel de Shelonia, sous le commandement de Nalmanar Aerion,commença sa propre conquête. Ils chassèrent les autres races de l'Archipel mirent à genoux les autres clans Drow qui jurèrent allégeance. Le royaume de l'Archipel venait de naître.

Les tribus naines voyant le début de la formation de l'empire Drow et de l'empire Humains ne tardèrent pas à s'unir elles aussi. Les elfes les imitèrent à leur tour ainsi que les éthérés.

Deux ans après la fondation de la première nation humaine et 23 ans après la naissance de Shadon Oshtan. La guerre faisait rage, une guerre plus sanglante que toutes celles avant elle. C'était la Grande Guerre de Shramia.

La guerre dura pendant 30 ans, elle ne s'arrêta pas quand Shadon mourut assassiné 2 ans après le début de la guerre, elle ne s'arrêta pas quand le quart de la flotte Drow et presque la moitié de la flotte des Hauts-Elfes furent engloutis par la tempête que déchainèrent les éthérés, elle ne s'arrêta pas après le massacre des armées naines et humaines lors de la bataille du col noir par les orcs furieux de s'être fait chassé de leurs terres.

La guerre prit fin lors du Schisme. A ce moment du conflit, l'empire humain de Kentan régnait du nord au sud du continent. Tout portait à croire qu'ils allaient remporter le conflit mais depuis quelques années des troubles agitaient l'empire humain. Les humains étaient trop différents entre eux. Ce qui devait arriver arriva. L'empire de Kentan éclata en diverses petites nations : Oshtan au nord, Samaël au Sud et Maenlir à l'est. Les autres empires sautèrent sur l'occasion de changer le cours de la guerre pour lancer une grande offensive.

Les empires de Samaël et de Maenlir furent détruits et furent englouti par les Hauts-Elfes et les nains. Les combats continuèrent encore quelques temps après mais ceux-ci s'estompèrent et un cesser le feu tacite s'imposa. Un an après la
fin des combats, les diplomates de chaque empire se réunirent et négocièrent une trêve à défaut d'une vraie paix.

Un statut quo naquit et pendant près de mille ans, il resta en place.

Aujourd'hui, l'Empire de Kentan est sous la domination du Culte de la Lumière, au départ une petite secte sans grande
envergure. Elle professait la supériorité des humains et leur droit à réclamer Shramia comme leur possession. Elle abhorrait les autres races, les considère comme une abomination. Ce culte serait resté dans l'ombre si ce n'est pour l'inondation qui a ravagé la plupart des récoltes de l'Empire, provoquant une famine sans précédent et une hausse des prix ainsi qu'une inflation phénoménal. Le culte de la Lumière se fit bien voir en aidant les blessés et en nourrissant le peuple affamé grâce à cela le culte gagna énormément d'influence sur la population et prit le contrôle d'une bonne partie de l'empire de Kentan et s'installa profondément dans le gouvernement. L'Empereur Arterius Kentaran, sous la pression du peuple, fit du Culte de la Lumière la religion officielle de l'Empire. Utilisant cette influence nouvellement acquise ainsi que leurs nouveaux droits, le Culte de la Lumière commença à rejeter la faute de tous les problèmes des humains sur les autres races et nations, cherchant à attiser les flammes de la haine parmi eux. Leur plan fonctionna à merveille, le peuple est désormais assoiffé de
sang, une inquisition est née pourchassant les hérétiques et autres races. Un réarmement massif est en cours.

L'Empire des Hauts-Elfes sortit fort affaibli de la guerre, leur empire détruit et envahi dans sa grande majorité. Les Haut-Elfes parmi tous les peuples sont ceux qui gardent les souvenirs les plus amers de la fin de la guerre. Ils nourrissent le désir de reprendre ce qui était autrefois leur. Reconstruisant depuis des siècles leurs armées décimées. Ils se vengeront, les nains, les drows, les humains, les éthérés paieront tous, rien n'arrêtera leur marche vengeresse.

Les Drows sous la direction du Shogun Aerion Nalmanar consolidèrent leur emprise sur l'archipel construisant des centaines de bastions et forteresses et fabriquant la plus grande flotte à avoir jamais été. Les Drows veulent dominer, l'isolation n'est pas leur nature, leur place est sur le champ de bataille, là où le chaos et l'ordre se rencontrent et ne font plus qu'un dans une danse interminable dans le sang et la mort.

Une fois encore, les tambours de guerre résonnent de leur sinistre mélodie. Les braises de la dernière guerre s'embraseront encore plus violemment que la dernière, dans un incendie qui risque bien de détruire le monde tel qu'il est...

Dates Importantes


- Apparition des Anciens : 11.251 ans avant Shadon Oshtan
- Venue des dieux : 6.295 ans avant Shadon Oshtan
- Création des races de Shramia : 4.620 ans avant S.O.
- "Mort" des Anciens : 4.671 ans avS.O.
- Venue d'Arpenteur : 2.073 ans avS.O.
- Exil d'Arpenteur : 1.012 ans avS.O.
- Fondation de l'Empire Kentan : 6 ans avS.O.
- Mort de Shadon Oshtan : 0 ans av/ap S.O.
- Fin de Samael et Maenlir : 18 ans apS.O.
- Aujourd'hui : 1021 apS.O.


Dernière édition par Krayth le Mer 14 Sep - 1:21, édité 3 fois
avatar
Krayth
Légende
Légende

Messages : 237
Date d'inscription : 02/02/2011
Age : 25
Localisation : Bruxelles

Fiche Technique
Nom: Krayth Vas Tarian
Race: Ethéré
Classe: Sorcier

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

L'Unificateur, Chapitre 1

Message par Helian Liadon le Ven 4 Mar - 9:55

Allongé sur sa couche, un adolescent se reposait, les yeux fermés, semblant dormir paisiblement. La forge était le seul endroit du village où il ne se sentait pas mal à l'aise.
Il y habitait depuis son enfance. Depuis qu'il avait été recueilli par le forgeron du village, qui, bien que ce soit pour des raisons de conscience et d'éthique, l'avait sauvé lorsqu'il était encore un nouveau-né rejeté par ses parents dès qu'ils avaient posé leur regard sur lui.
Tout ça à cause de sa tâche de naissance qui ornait son visage bien que ceux qui ne savaient pas qu'il était là depuis sa naissance le prennent pour un tatouage facial. Ce tatouage/tâche de naissance consistait en entrelacs de fines bandes écarlates comme le sang parcourant son visage.
Ces parents avaient, comme tous, interprété cette marque comme une malédiction. Et pour cette raison, ils l'avaient abandonné, rejeté. Sans le forgeron qui l'avait recueilli, même à contrecœur, il ne serait pas de ce monde aujourd'hui. Pourtant, contrairement à son entourage, il refusait de voir cette marque comme un signe d'une malédiction pesant sur lui. Pour lui, c'est juste ...
Une voix le coupa court dans sa réflexion. Elle était dure et froide. D'autres, variées, la plupart du temps rauques et masculines lui répondirent. Toutes lui étaient étrangères. Il entendit le bruit produit par une vingtaine de lames dégainées, suivi de cris de guerre féroces.
Malédiction, des pillards...
L'adolescent sans nom se releva, termina de se rhabiller, accourut vers l'endroit où étaient entreposées certaines armes, et prit un cimeterre. À peine ceci fait qu'un des pillards -car c'en étaient bien- entra dans la hutte. Grand, bien bâti, les cheveux blonds, ce qui était courant pour des hommes du désert, bien que ce ne soit pas le cas du jeune homme, il possédait un cimeterre dans sa main droite et une rondache dans la gauche. Il était vêtu de vêtements couleur sable, pour se fondre dans le désert, et ne portait pas d'armure, sûrement pour ne pas gêner ses mouvements. Il devait avoir la trentaine, peut-être légèrement moins.
Il jeta un regard surpris à son inattendu adversaire.
- Tu veux te battre, gamin ? C'est bien, tu parviendras peut-être à me distraire.
L'intéressé ne dit mot, et fixa le pillard d'un regard calculateur. Il n'avait jamais vraiment eu de maître pour lui apprendre à combattre mais il s'était entraîné, et malgré son faible talent d'autodidacte, il était parvenu à maîtriser les bases.
L'homme sourit et engagea le combat, portant un fluide coup de taille, que son adversaire parvint à parer. L'homme attaquait volontairement lentement mais proprement pour faire durer le combat et s'amuser tout en testant le jeune homme.
L'adolescent refusant de porter une riposte pour éviter d'être plus vulnérable, ils effectuèrent quelques passes, après quoi l'adolescent recula et baissa son arme.
- C'est inutile, ma résistance est futile. Dans tous les cas, vous avez ma vie entre vos mains.
- En effet, tu n'as aucune chance.
L'homme avait répondu d'un ton non empreint d'arrogance, se contentant d'énoncer en fait.
- Cependant, tu m'intéresses... Je doute que quiconque sache se battre dans ce pauvre village perdu, mais pourtant tu as tout de même réussi à parer mes attaques, et tu n'éprouves aucune peur. De plus, quand je suis entré dans la hutte, tu étais déjà prêt et armé, ce qui signifie que tu as vite perçu le danger et t'es très vite équipé, car je doute que tu fusses dans cette tenue avant notre arrivée...
L'adolescent se dit qu'il n'était sûrement pas le seul à avoir eu un invité surprise dans la hutte dans laquelle il logeait. Cependant, il doutait que les autres habitants du village aient été aussi préparés que lui et aient eu le même traitement...
- Je suppose que vous êtes des pillards ... Mais pourquoi vous attaquer à notre village, n'avez-vous d'autres moyens de subsistance ? Et qu'allez-vous faire de moi, et des autres habitants du hameau ?
Son interlocuteur sourit et répondit :
- En effet nous sommes des pillards. Quant au pourquoi ... "Les faibles meurent, les forts subsistent", c'est là la loi du désert. Et bien que nous pourrions avoir d'autres moyens de subsistance, celui-ci nous permet de vivre bien mieux que les autres, et, surtout, d'entretenir notre culture guerrière. Les gens ont tendance à oublier que ce monde n'est pas peuplé que de gentils humains dont certains sont des méchants pillards. Quant à ce que nous allons faire des autres habitants du village, c'est simple ... ils vont périr, excepté ceux qui ne chercheront pas à défendre leurs biens mais à survivre à tout prix.
Il avait dit cette dernière phrase avec mépris. Manifestement, il n'accordait que peu de valeur aux "faibles" qui se laissaient faire. Il ajouta :
- Pour toi, c'est différent. Tu es encore jeune, et, surtout, différent des autres villageois. Personne ne t'a encore appris à te battre, mais je sens qu'il est possible de faire de toi un "fort". Tu es différent, et c'est cela qui m'intéresse...
L'adolescent réfléchit. Alors ceux du village allaient mourir. Et, étrangement, il avait été touché par le point de vue du bandit. Ceux du village étaient indubitablement faibles. Non pas qu'ils ne méritaient pas de vivre, mais ceux qui restent faibles sont éternellement condamnés à subir le joug des forts. Ce principe lui était rentré dans l'esprit avec une rapidité étonnante.
Et l'étranger avait raison sur un autre point. Il était différent. Il avait toujours été rejeté, à part. Il ne pensait pas comme ceux du village. Ceux-ci avaient même tant de mépris et de peur envers lui qu'ils ne lui avaient pas donné de nom. Cette différence l'avait isolée toute son enfance, et elle s'apprêtait à lui prouver qu'elle était bénéfique en ce moment même en le faisant survivre aux autres.
Dans tous les cas, ce que lui proposait l'homme qui lui faisait face l'intéressait, et le captivait. Incroyablement, tant et si bien qu'il ne pouvait s'empêcher de se demander si ce n'était pas là son destin.
D'une voix posée, il répondit :
- Alors montrez-moi ce qu'est un fort. Rien ne me retiens ici. Comme vous l'avez dit, je suis différent d'eux. Je vous suis.

L'homme eut l'air surpris de cette décision si rapide et calculatrice.
Puis il sourit.
- Parfait. Mais j'en oublie les politesses. Je suis Varon, du clan Oshtan. Et toi, jeune intrépide ?
- Je n'ai pas de nom.
Le sourire de l'étranger s'élargit.
- Eh bien maintenant tu en as un, Oshtan ... Shadon.

Shadon Oshtan. Tel était son nouveau nom. Une lueur naquit dans ses yeux. Il aimait ce nom. Il le savoura en le répétant plusieurs fois à voix basse :
- Shadon ... Oshtan.


Dernière édition par Helian Liadon le Jeu 8 Déc - 20:15, édité 1 fois

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

L'Unificateur, Chapitre 5

Message par Helian Liadon le Mer 6 Avr - 6:03

Il était seul dans la salle du trône du palais de Shadonia.
A vrai dire, il l'avait demandé. Ces jeux politiques le lassaient. Il était maintenant dans une situation qu'il n'avait pas souhaité. Gérer l'Empire des Hommes était une chose qu'il ne souhaitait pas, et, surtout, qui ne l'intéressait pas. Cela faisait quelques années qu'il avait enfin réussi à unifier les Hommes. Cela fait, il avait cru pouvoir abandonner ses fonctions et se retirer. Car il ne l'avait pas fait pour lui, ni pour tous ces faibles serviles et lâches qui n'avaient osé le faire eux-même. Non, il l'avait fait pour Varan. Varan qui était mort pour défendre son idéal. Varan qui, contrairement à lui, était extrêmement philanthrope. Varan qui avait changé son destin et qui lui avait offert une vraie vie, qui avait fait de lui un fort. Il lui devait tout. Enfin, plus maintenant. Maintenant, ils étaient enfin quitte. Chacun avait exaucé le rêve de l'autre. Et pourtant, son père adoptif était oublié, tandis que lui passait presque pour un dieu. Quel ingratitude. Mais le pire restait que Varan serait content de cette situation s'il le pouvait.
Avec un goût amer aux lèvres, Shadon se leva du trône où il était vautré.
Il se mit à faire les cents pas. Puis s'arrêta et regarda ses mains. Elles avaient fait plus d'une fois couler le sang. Mais elles n'éprouvaient point de remord. Elles en demandaient plus encore. Des mains de guerrier, et pas de dirigeant.
Décidément, c'était une manie. Plus il y pensait, et moins sa fonction lui était supportable.
Il ne pouvait plus rester à garder ces occupations insensées. C'était assez. Sa vie ne devait plus avoir cette complexité folle.
Il se remit à faire les cents pas, fulminant comme un dément.

Quelque temps plus tard, il fut interrompu dans ses pensées par un claquement caractéristique. Celui du fer contre la marbre. Shadon se retourna vivement, la main sur la poignée de Justice, son épée, celle qu'il avait récupérée à un prix qu'il n'aurait jamais offert pour elle. Une silhouette obscure s'avança vers lui. La personne qui s'avançait vers lui était vêtue de noir pour mieux se fondre dans l'obscurité de la nuit sans lune qui se déroulait en ce moment même. Cependant, elle portait également du jaune sable sur elle. On aurait pu interpréter ça comme un camouflage pour infiltrer le Palais du Désert des Dunes, mais Shadon savait qu'il n'en était rien.
Pour entrer dans son palais, porter ces couleurs et se faire volontairement atteindre de celui qui devait être sa cible, il n'existait qu'un seul assassin en Shramia.
- Bienvenue dans mon humble demeure, Loup des Sables.
- Je savais que j'aurais bon accueil en votre résidence, mon seigneur. Je vous remercie de votre prévention
Si les circonstances n'étaient pas ce qu'elles étaient et si les lames de chacun ne luisaient pas à la lumière des torches, on aurait pu interpréter ces paroles comme de simples banalités.
Shadon savait qu'il ne servait à rien d'appeler la garde, car, malgré son talent, elle serait de toute façon incapable de l'aider. Et, pensa-t-il avec ironie, si cet assassin réussissait sa besogne, il méritait bien une récompense.
Puis l'assassin bondit vers lui.
Vif comme l'éclair, Shadon porta un coup de son cimeterre pour l'intercepter. Mais c'était sans compter le talent de l'assassin, qui surpassait largement l'Unificateur en ce moment. Il évita la lame en se penchant et reprit sa course. Shadon sentit venir le danger et recula pour se désengager.
Peine perdue. La lame de la dague du Loup des Sables était déjà fichée dans sa poitrine.
- Dommage, mon seigneur. Les Dieux étaient contre vous. Nul ne peut lutter contre son destin.
Ces paroles étaient totalement dépourvues d'ironie, étrangement. Il en sortait même une petite pointe d'amertume.
Shadon tituba en arrière, et faillit basculer mais se redressa à temps.
- N... Non ...
Ce mot était empreint de surprise et de refus. Il ne pouvait pas mourir ici, et comme ça.
- Non
Cette fois-ci, le ton était calme et posé. De la seule force de sa volonté, il s'opposait à son destin. Il le refusait.
Soudain, le tatouage qui marquait son visage s'étendit à une vitesse vertigineuse sur le reste de son corps, jusqu'à le recouvrir entièrement.
Les yeux de l'Unificateur étaient blancs, et il semblait entouré d'un halo de flammes.
Lançant son bras en arrière pour donner un dernier coup, il poussa un cri de rage inhumain qui se fit entendre dans le palais tout entier.
En face de lui, l'assassin portant le nom de Loup des Sables observait avec terreur et respect l'homme qui avait dépassé son statut de mortel. Il se prépara à mourir lorsqu'il vit la lame reculer, et se redressa pour mourir dignement, et ne ferma pas les yeux.
Mais Shadon ne put donner de coup vengeur. Au moment où il s'apprêtait à frapper, il s'immobilisa. Se figea. Sa peau était devenue dure comme la pierre. Il était devenu une statue humaine.

Un homme fuyait à travers la ville. Il avait réussi à échapper aux gardes.
Mais il n'oublierait jamais qu'il avait vu un homme devenir Dieu, quelques instants.


Dernière édition par Helian Liadon le Jeu 8 Déc - 20:16, édité 1 fois

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Arpenteur l'Éternel, Chapitre 1

Message par Helian Liadon le Ven 27 Mai - 4:51

La musique émanant de son casque l'occupant presque entièrement, un jeune homme marchait dans une rue d'une banlieue de Paris. Il marchait tranquillement en direction d'une petite ruelle obscure. Il se promenait, tout simplement. Il avait toujours aimé déambuler dans ces rues fantomatiques, sans s'être jamais expliqué la raison à cela. Alors qu'il s'apprêtait à pénétrer dans la ruelle, il sentit une vibration dans la poche de son pantalon. S'arrêtant, il sortit son téléphone. Un message de Jan. Il fronça les yeux en lisant le message. "Il" venait de mourir, aujourd'hui, le 11 novembre 2009. Jan avait dû être choqué par la nouvelle car il avait omis de citer le nom du mort. Voilà qui était inquiétant ...
Il ferma les yeux et se consacra entièrement au morceau qu'il écoutait, pour se calmer. Puis reprit son chemin. Connaissant les ruelles comme sa poche, il passait d'une rue à l'autre, savourant la rassurante obscurité des maisons et immeubles, marchant dans les meilleurs coins d'ombre. Soudain, alors qu'il allait changer de ruelle, il entendit un faible gémissement, provenant de la ruelle.
Un faible gémissement ? Le jeune homme fronça les sourcils. Comment pouvait-il entendre un gémissement difficilement perceptible alors qu'il écoutait sa musique à un volume non négligeable ? Impossible. Et pourtant, il se dirigea dans la direction du son. C'est alors qu'il le vit. Un clochard était accroupi au bout de l'impasse, et émettait ce continuel gémissement insupportable. Alors que le jeune homme se demandait s'il devait parler ou non à l'inconnu, ce dernier se retourna lentement, découvrant son visage. Des crocs semblables à ceux d'un loup étaient dévoilés par un horrible rictus. De la bave coulait de sa bouche, et ses yeux étaient entièrement blancs. Par mouvements saccadés, la chose huma l'air. Et regarda dans la direction du jeune homme. Celui-ci, craignant d'attirer l'attention de cette horreur, restait comme pétrifié.
Le regard que le clochard posait sur lui se fit insistant, et il crut voir les crocs disparaître et les yeux prendre une couleur normale. L'inconnu agité de spasmes, voulut bredouiller quelque chose, mais, avant que le jeune homme ne puisse agir, reprit l'apparence sous laquelle il avait d'abord été aperçu. Le gémissement d'auparavant se mua en grognement rauque, qui monta jusqu'à vriller dans les aigus, déchirant les tympans. La créature se redressa légèrement, et prit appui sur ses jambes, manifestement prête à lui sauter dessus.
Le jeune homme, jugeant qu'il était temps de mettre en application ses connaissances en arts martiaux, fléchit les jambes et se mit en garde. Alors que la créature bondissait vers lui, il tenta instinctivement de frapper du poing arrière, pour la repousser. Avant de la voir projetée contre le mur derrière elle. Se maîtrisant pour ne pas sursauter, il regarda rapidement autour de lui, pour savoir d'où venait l'aide dont il venait probablement de bénéficier à l'instant. Mais ne vit personne. Quelques secondes plus tard, la chose était à nouveau sur lui. Cette fois-ci, c'est un coup de pied circulaire avant qu'il porta. Celui-ci non plus ne porta pas, ce qui fut le clochard étant à nouveau projeté, repoussé, en arrière.
Un soupçon lui vint alors à l'esprit. Il se concentra mentalement, et tenta de plaquer de sa volonté son agresseur contre le mur. Et haussa les sourcils lorsqu'il y parvint. Il le fit trébucher et le colla au sol. Un sourire mi-cruel, mi-sadique se dessina sur son visage.
Une sensation de toute-puissance l'envahit, et il tendit le bras vers le corps secoué spasmes violents. Sans pour autant le voir, il sut que le cœur de l'homme venait d'imploser. Un délicieux frisson lui parcourut la moelle. Le clochard reprit son apparence normale. S'apprêtant à se détourner, satisfait, le jeune homme aperçut du coin de l'œil un objet métallique refléter la lumière d'un lampadaire. Se penchant pour ramasser le pendentif qui se trouvait dans la main du cadavre, il l'observa en détail. Le bijou était formé de nombreuses tiges s'entrecroisant, formant trois nœud, trois sommets d'une sorte de triangle équilatéral.
En le saisissant, il frissonna. Il avait l'impression que ... non ... le pendentif absorbait sa vitalité, chaque instant où il le tenait le rendait plus faible et plus fragile. Il sentait un flux chaud mais immatériel quitter ses membres pour pénétrer dans le bijou. Poussant un cri de rage, il resserra sa prise sur l'objet. Sa volonté affronta celle du pendentif, car celui-ci était vivant, il n'avait aucun doute à ce sujet. Ce fut le "bijou" qui céda. Il sentit alors son énergie lui revenir, accompagnée de celle de l'étrange objet. Au fur et à mesure que son énergie était absorbée, celui-ci semblait se détériorer et s'oxyder, comme si le temps rattrapait son retard sur une relique d'un âge infini.
Le jeune homme poussa un rire de dément devant cette nouvelle énergie qui lui donnait l'impression de devenir un dieu. Puis réalisa qu'il ne se trouvait plus dans une rue, mais au beau milieu d'un milieu complètement végétal, comprenant de nombreuses plantes différentes, toutes inconnues de lui, autant de nouvelles espèces peuplant un écosystème qui n'existait pas, qui ne devrait pas exister...

_________________

Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


Spoiler:






avatar
Helian Liadon
Légende
Légende

Messages : 566
Date d'inscription : 22/06/2010
Localisation : à Isinia

Fiche Technique
Nom: Helian Liadon
Race: Fils du Vent
Classe: Assassin

Voir le profil de l'utilisateur http://shramia.forumsrpg.net

Revenir en haut Aller en bas

Re: L'Histoire du Monde

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum