La Cité Frontalière

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La Cité Frontalière

Message par Helian Liadon le Sam 5 Mar - 4:42

Rappel du premier message :

Cette cité se situe dans l'Empire Kentan, dans les plaines du Sud. Comme son nom l'indique, elle est en contact avec de nombreuses cultures. Elle est la cité avec les habitants les plus variés de tout Shramia : Nains, Orcs, Gobelins, quelques Hauts-Elfes, des Oshtans, etc...
Bien qu'elle appartienne à l'Empire Kentan, elle se situe loin d'Isinia, aussi la domination de celle-ci est-elle faible, même si l'Empire dirige toujours la cité. En conséquence, même si les races "maudites" y sont officiellement interdites, les contrôles ne sont que très peu fréquents.
On murmure d'étrange rumeurs ces derniers temps quant à l'homme chargé par l'Empire de gérer et de surveiller la cité...

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Oí ashalun he Shramia... he Naz'Dar Shramia.

Irgandes, Mage Drow


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Re: La Cité Frontalière

Message par Lleyä Warjan le Jeu 1 Mar - 7:31

Lleyä jura à voix basse. Pas un seul espion de trouvé, pas une seule récompense touchée… Et l’aube qui ne voulait se lever ! En se retournant, elle croisa le sourire béat de l’elfe qui la suivait.
Elle fronça les sourcils.
En premier lieu agacée qu’il puisse afficher une mine si réjouie alors que la situation menaçait de tourner au critique, son étincelle de colère se nuança en surprise : comment arrivait-il à être d’un semblant si serein… ? Sa vie était assurément en jeu !
Décidément, elle ne le comprenait pas.
L’hybride poursuivit son chemin, enfin plutôt sa quête vers un souvenir qui avait quelque difficulté à refaire surface. Une conséquence de son amnésie partielle sans doute.

Soudain, au détour d’une ruelle, la vision d’une bâtisse lui fit esquisser une exclamation satisfaite : ça, elle s’en rappelait ! Elle fit face à Tithrandil, un air réjoui sur le visage :
« C’est là-bas! » lui annonça-t-elle en désignant la modeste échoppe au bout de l’allée.
Elle se remémora la voix grave de son amie, et ses mimiques enfantines qui contrastaient si étrangement avec ses allures de vieille femme acariâtre auréolée de son éternelle odeur entêtante de géranium…

Lleyä ralentit le pas.

L’échoppe de fleuriste qui servait de couverture à Iris était telle la gueule béante d’une plaie mortelle : derrière l’apparence normale qu’elle offrait, la boutique était profondément saccagée. Les débris de verre qui avaient dû joncher le sol avaient été enlevés, mais leurs vestiges subsistaient à l’intérieur du bâtiment délabré. La pancarte ambre en cœur de chêne qui avait tant fait la fierté d’Iris était léchée par les brûlures à divers endroits si bien que l’on ne pouvait plus lire en lettres stylisées gravées par la main de Lleyä tant d’années plus tôt « Les fleurs d’Iris ».
Silencieuse, elle s’approcha de l’échoppe, sans passer le seuil de la porte dévergondée. L’hybride sentait la présence muette de Tithrandil derrière elle, ce qui, se rendit-elle compte plus tard, la rassurait.
Elle observa les fragments de terre cuite brisés, autrefois grands vases sombres rehaussant la teinte éclatante des fleurs qui les contenaient. Là où les étagères offraient au client une vision féerique de plantes magiques se dressait désormais une poutre détachée, à demi dévorée par les insectes. Le comptoir en verre était lui aussi cassé. Ainsi que les vitrines qu’elle et Iris nettoyaient avec une minutie maniaque.
Il n’y avait cependant aucun corps malgré la présence de taches de sang.

« Elle a dû fuir. » fit Lleyä consciente d’énoncer une vérité.
Elle lança doucement à Tithrandil en entrant à l’intérieur de l’ancienne échoppe :
« Si tu veux, tu peux venir. Et si quoique ce soit te paraît encore d’une quelque utilité, n’hésite pas à te servir.. »
Iris serait d’accord.

Le bruit de ses semelles sur le sol faisait résonner de lugubres crissements. Elle récupéra deux soucis intacts parmi les débris, ainsi que les pétales d’une patience, qu’elle rangea dans l’une de ses fioles. Rien d’autre ne sembla utile, aussi passa-t-elle dans l’arrière boutique, une vaste salle où des cageots de fleurs étaient normalement entreposés. Vides cependant.
« Tithrandil, tu peux fouiller par ici s’il te plait ? J’aimerai aller vérifier quelque chose… »

Ce disant, Lleyä revint dans la première pièce, en gratifiant son ami d’un remerciement murmuré lorsqu’ils se croisèrent : il avait sans doute perçu sa volonté d’être seule un instant. L’hybride se dirigea vers le comptoir où Iris tenait sa boutique. Évidemment, les tiroirs avaient été éventrés…
Elle s’agenouilla, et dégagea le sol au coin formé par le meuble et le mur : la poussière teinta de gris ses doigts fins, avant de rencontrer la rainure du parquet. Lleyä y glissa ses ongles. La planche se souleva.
Iris… J’espère vraiment que tu n’es pas morte.

Dissimulé dans cette cache secrète, un vieux et épais carnet à la couverture en cuir fermé par un cordon était posé contre cinq fioles de verre coloré à base plate. La jeune femme récita à voix basse :
« Herbe de la vie et herbe des Fées,
Herbe du Soleil et Herbe sacrée,
Enserrent l’herbe siège des pensées.
»
Elle s’empara doucement du butin, et aligna le tout sur une table bancale. Les cinq fioles différaient par leur teinte : jaune ambré, blanc laiteux, vert sombre, vert transparent et incolore.
Herbe des Fées… Millepertuis. Fiole Vert sombre.
Herbe du Soleil… Camomille. Fiole blanche.
Herbe sacrée… Sauge ou verveine.
Lleyä fronça les sourcils. Cette appellation était caractéristique des deux plantes, et « herbe de vie » n’était pas un nom existant pour les qualifier. Un sourire éclaira son visage. Herbe sacrée : verveine, en raison de sa capacité à éloigner les mauvais esprits et les tourments. Donc la sauge était l’herbe de vie, puisqu’elle signifiait « sauver » et favorisait la bonne santé de l’esprit et de la vie.
Quant à la dernière fiole… Lleyä espéra. Elle avait une idée, mais rien de certain. Rapidement, elle prit le contenant du bout des doigts tant il était petit, et le porta au niveau de ses yeux afin de s’assurer du contenu.
Aussitôt que la lumière d’au-dehors éclaira la fiole, elle jura.
Rien. Elle ne contenait plus rien !
Lleyä adopta une mine sombre : cette fiole devait contenir la précieuse anru dont Tithrandil avait besoin…

Que cela signifiait-t-il ? Iris aurait eu le temps de prendre l’anru mais pas son carnet d’herboriste ? Tout cela était étrange, mais Lleyä n’avait aucune réponse à y apporter. Elle délia les cordons enserrant le carnet et l’ouvrit directement à la dernière page : elle avait été assez intime avec Iris pour l’avoir déjà feuilleté. La page était vierge.
Animée par son instinct, elle inspecta la couverture sans rien trouver. Ses doigts touchèrent alors la reliure centrale… Elle promena ses ongles à cet endroit et put ainsi découvrir une deuxième épaisseur. Bingo. La couverture était cependant trop tendue pour qu’elle puisse y déloger la feuille qu’elle y avait aperçue ; Lleyä sortit de sa besace une fine aiguille de chirurgie et l’utilisa pour attraper l’objet convoité.
Une feuille arrachée du carnet, pliée en quatre.

"Bouquet de campanules bleues, de mourons des oiseaux entourant une pervenche (celle cueillies sous le pommier).
Ne pas mettre de liseron des haies ni de lys mais de la camomille en décoration.
Bouquet de campanules bleues auréolée de pois de senteur et d’aubépines.
"

L’hybride était partagée entre soulagement et inquiétude. Quiconque lirait ce message ne le comprendrait s’il n’était pas initié au savoir des herboristes ou des fleuristes. Elle mit dans sa poche les cinq fioles et alla retrouver Tithrandil.
« Iris est vivante, et j’ai toutes les raisons de croire qu’elle a prit l’anru avec elle. » déclara-t-elle en lui montrant le message de son amie.
Elle ajouta avec un sourire, comme son compagnon semblait ne pas comprendre l’intérêt de la note.
« Je pensais que tu connaissais le langage des fleurs mais apparemment, non ; je te l’enseignerai si tu le souhaites. Donc ce message signifie bien plus qu’une simple commande de fleuriste : elle est blessée cependant pas mortellement, et a pu s’enfuir… (Son sourire s’assombrit) Mais elle s’est dirigée vers Isinia, en espérant trouver de l’aide en me contactant. »
Lleyä glissa la feuille dans sa besace, parmi ses vélins.
« Nous n’avons plus qu’à revenir sur nos pas en conséquence : elle est notre seule piste… A moins que te sentes de taille à affronter les éthérés ! » rit-elle sans joie.

Dehors, l’atmosphère fraîche de la nuit laissait lentement place à l’humidité de l’aube. Encore une fois, ils repartaient tels des ombres.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Kyrie le Jeu 1 Mar - 7:33

Affalée sur le sol, j’écoutais la voix du malotru avec délectation. Ce crétin n’avait sans doute jamais combattu avec un lycan… Supposer qu’un simple coup suffirait à m’envoyer paître dans les champs éthérés de l’inconscience ! J’attendis qu’il se rapproche assez pour trancher les courroies de son armure mais une intervention impromptue et non-espérée vint réduire en cendre mon espoir de victoire.
Le Sans-Odeur.
Il commençait à m’agacer celui-là.

Je profitai de leur entrevue sans intérêt pour laisser ma constitution guérir mes douleurs. La sottise de la boîte de conserve s’expliquait sans doute par sa force. Satanée armure ! Sans elle, il baignerait dans le sang et je me sustenterais dans le délice chaud de ses boyaux.
Ah ?
J’observai avec étonnement la rapidité des mouvements du Sans-Odeur. Ce n’était pas humain ça. Mon flair de lycan me l’indiquait tout autant que mes sens visuels.
Et il y a bien une explication pour toutes ces étrangetés entourant "l’humain"…
Je manquai de rire, ou plutôt de grogner. Un fils du Vent ! Rien que ça ! Décidement, le Sans-Odeur était digne d’éloges pour autant m’amuser et me surprendre. J’aimerai bien engager un combat contre lui sous la forme de ma réelle nature… La pointe de ma langue lécha mes babines. Bientôt.

Une fragrance acidulée raviva mon attention : le fils du Vent était fatigué par son tour de magie ainsi donc ? Je me retins cependant d’intervenir. Un contre un, c’était là un de mes seuls principes de combat. Mais profiter de la situation pour achever le pauvre gars… Je ne m’en priverai assurément pas ! L’Insatiable s’impatientait…
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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Sam 10 Mar - 5:35

Althalus avait suivi Melkion par les toits et avait donc également assisté de loin au premier assaut de l'elfe.

Ainsi celle-ci avait des pouvoirs de métamorphe, intéressant. Il ne s'agirait pas de l'oublier, mais il serais inutile de mentionner qu'il était au courant tant que ce ne serait pas évident.
Malgré cela, ce premier échange tourna court car les griffes de l'elfe peinaient à traverser la défense de son adversaire.
L'humain, bien qu'Althalus n'était pas persuadé que c'en fut un, gagnait en protection et en défense l'avantage de vitesse qu'avait la Valkyrie.
Ainsi, lorsqu'il l’assomma contre un mur d'un coup puissant, l'elfe s'effondra au sol, probablement inconsciente.
Alors que l'homme se dirigeait vers elle pour vérifier son état, Melkion s'approcha du belligérant de manière à ce qu'il focalise son attention sur lui.

-J'en ai fini avec elle, ne vous inquiétez pas, si elle a les os solides, elle doit juste être inconsciente.

Melkion quand à lui s'avança sans un mot et lança la tête tranchée en signe de défi.

Althalus commençait tout de même à comprendre un peu cet humain et savait qu'il préférait combattre seul et de manière expéditive. Il se contenta alors de rester sur le qui vive de manière à pouvoir intervenir en cas de besoin. Il se posta dans l'ombre d'une cheminée, afin de pouvoir observer le combat sans être aperçu depuis la ruelle.

Malgré ce qu'il avait vu la veille, Melkion semblait avoir du mal face à cet ennemi lourdement armé. Son cimeterre avait du mal à trouver des failles chez cet adversaire qui maniait, il est vrai, ce gros bouclier qu'Althalus avait repéré tantôt. Melkion réussit néanmoins à blesser son adversaire lors d'une subite poussée de vitesse alors qu'il semblait manquer de souffle l'instant d'avant. Curieuse compétences, dont il avait également fait montre la veille lorsqu'il augmentait sa vitesse, mais sans doute était-ce normal, il n'était pas habitué aux capacités des humains.

Il vit néanmoins que Melkion s’essoufflait tandis que leur adversaire restait debout et semblait ressentir leurs attaques telles des piqures de moustiques

Althalus décida de ne pas courir de risques à tester les compétences de l'humain alors que leur adversaire semblait assez résistant pour mettre en danger ses co-équipiers.
Il banda son arc et profita du fait que son adversaire se tournait vers Melkion pour tirer puissament vers sa jambe exposée.

Le trait parti d'un coup sec et fila directement se ficher dans la cuisse exposée de leur adversaire.

L'homme en armure lourde se retourna alors vers le toit, apercevant pour la première fois le drow qui était sorti de l'ombre et encochait une nouvelle flèche.
Le tir suivant d'althalus fût bloqué par le bouclier que son adversaire du lever à hauteur de sa poitrine.
Althalus enchaîna alors les tirs afin d'essayer de percer la garde de son adversaire qui gardait le bouclier levé vers lui tout en reculant dans la ruelle, s'éloignant des combattants au sol.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Arckal le Dim 11 Mar - 7:44

Le mercenaire chercha son adversaire, celui-ci ayant mystérieusement disparu. Percevant une présence dans dos, Arckal frappa violement de son coude et retourna vivement et vit son mystérieux ennemi, au sol qui ne semblait plus réagir efficacement. Plusieurs hypothèses traversèrent prestement l'esprit du mercenaire.

-La fatigue surement, se dit-il, en préparant sa prochaine attaque.

Pourtant une douleur l'incita à reculer. Le vibration et le son indiquèrent que quelqu'un venait de décocher un projectile. Un bref regard lui permit de voir l'archer sur les toits, qui commençait à préparer ses prochains tirs. Regrettant de ne pouvoir en terminer avec ses adversaires, il recula en direction d'une ruelle sombre proche tout en bloquant les traits avec son bouclier. Hors de vue, le colosse recula plus rapidement, puis se retourna et s'enfonça dans le dédale de rues de la ville.

-Maudit archer, sans sa présence, je les aurai probablement éliminés !
Maugréa t-il.

Après s'être déplacé sur plusieurs ruelles, le mercenaire en armure s'arrêta, inspecta sa blessure. Bien que l'armure ayant bloqué la majeure partie de la force de la flèche, celle-ci avait atteint la cuisse et la douleur, présente et constante intima au mercenaire de la retirer. Il se concentra, puis fixa la flèche légèrement plantée sa cuisse et d'un coup sec enleva le projectile. Gardant la flèche, il commença à errer dans les rues désertes, parfois obscurcies par les bâtiments, déployant leur ombre sur la largeur des rues.

-Grrr, me voila perdu dans ce dédale !

Après une bonne heure à déambuler, le bruit d'une foule s'intensifia puis le colosse prit différents passages, se rapprochant d'une grande rue. A quelques mètres de la rue, il vérifia son équipement, essayant de dissimuler d'éventuelles tâches de sang. Après sa vérification minutieuse, Arckal quitta le dédale et se dirigea vers la foule.


Dernière édition par Arckal le Dim 1 Avr - 6:06, édité 1 fois

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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Lun 12 Mar - 10:06

Melion heurta le mur de la ruelle, les poumons évidés.
Sa vue se troubla, alors qu'il tentait risiblement de reprendre sa respiration, après avoir mollement glissé contre le mur.
Mauvaise idée.
Il avait été stupide d'attaquer vu son état.
Écervelée d'Elfe ! Si seulement cette imbécile avait pu s'occuper seule du colosse... Il n'aurait pas dû intervenir dans le combat. La femme pourrait certes se révéler utile, mais il se servirait à rien d'avoir une associée, une fois mort. La prochaine fois, il laisserait un autre se faire massacrer, le temps qu'il récupère.
Il avait sous-estimé cette maudite brute.
Le Kentan releva la tête, et remarque l'absence de l'ennemi. Il crut voir deux silhouettes –ses deux fort utiles compagnons ?– l'observer.

- Foutez-moi la paix et choppez ce maudit colosse.

Bon, il avait parlé à voix haute. Ou plutôt... Grommelé à voix haute. Dans tous les cas, il avait exprimé ses pensées. Il avait clairement besoin de se reposer...
Restant adossé à la ruelle, il ferma les yeux et reprit sa réflexion là où il l'avait laissée.

Comment pouvait-il espérer défaire le grand Loup Noir s'il se faisait laminer par le premier mercenaire venu ? Certes, ce n'était pas vraiment le premier venu, il était déjà épuisé avant le début du combat, mais cela n'avait rien de comparable avec un affrontement avec la Lame sans Fourreau.
Soupirant, il ressera sa main droit, pour soulever son cimeterre et le rengainer. Sa poigne saisit du vide. Il avait lâché son arme lors du coup. Sans changer de position, il balaya, les yeux fermés, la zone à portée, de ses bras, sans mettre la main sur sa lame. Elle devait se trouver au beau milieu de la ruelle.
Melkion soupira.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Kyrie le Lun 12 Mar - 23:31

Un léger rire s’échappa de mes lèvres lorsque je vis Sans-Odeur chuter de manière fort comique sur le bitume froid qui pavait le sol : cela contrastait tant avec l’image qu’il souhaitait donner de lui ! Voilà qui rabaisserait un peu son orgueil démesuré… Cependant un bruit estompa peu à peu mon humour naissant au profit d’un intérêt renouvelé.
Un crissement métallique.
Je délaissai un instant la vision de la confrontation pour parcourir la rue déserte du regard… et esquissai un franc sourire.

Vibration.
Soudain, je me raidis.
L’effluve que j’appréciai tant pour les promesses qu’il délivrait envahit de manière busque tous mes sens olfactifs. Mon regard se braqua sur la blessure de la Pomme en conserve. Ma vue fut envahi par la superbe couleur vermeille s’écoulant de la plaie profonde. Lève-toi Kyrie… Révèle ta nature profonde… Oublie cette enveloppe qui te vêt… Qui obstrue ta mission…

Je pris appui sur mes pattes, et me relevai de sorte de ne pas attirer l’attention de ma proie… Elle eut un regard courroucé vers les hauteurs où je devinai la présence du hobereau drow, armé de son arc encoché. Mais avant que je ne puisse m’avancer, Pomme en conserve partit en courant. Dans l’ombre des ruelles.


« Il OSE s’enfuir ? » grognai-je, la mâchoire raidie et les crocs visibles.

Mais mon attention revint sur la masse rampante à terre : cette vue tempéra mon ire. Regard pers et pupilles magenta se croisèrent un instant avant qu’il n’ait l’effronterie de me donner un ordre. Ma langue lécha mes lèvres reprenant leur forme humaine.
L’odeur de Pomme en conserve était toujours présente mais se réduisait à une vague effluve désormais…

Une proie s’enfuit, une autre demeure.

Un frisson me parcourut, une vague éthérée de jouissance.
Je sentis avec délice ma peau elfique se couvrir d’un voile blanc de plus en plus épais au fil des millièmes de secondes
Un craquement retentit dans le silence des lieux déserts.
Ma délicate mâchoire venait de se déboiter pour s’agrandir en proportion de mes muscles s’épaississant sous le duvet de mon pelage maintenant fourni.
Un déchirement s’éleva.
Sous la pression de la stature se développant, mes effets venaient de se rompre. Ils n’étaient plus que lambeaux sur le sol pareils à mon humanité s’enfuyant.er]Je hurlai.
Un hurlement de prédateur, empreint d’ire et de rage. Un hurlement effrayant, terrifiant. D’une puissance portant témoignage de la force qui était désormais mienne. Faisant vibrer les fenêtres closes. Audible sans doute dans toute la ville.

Mes griffes s’enfoncèrent entre les pavés, la pression exercée les fissurant.
Les muscles tendus, je m’élançai, me projetai vers ma proie.
Gueule béante...
...Écume sur les crocs...
...Crocs destinés à déchiqueter...
...Griffes faites pour trancher, hacher.

J’étais un lycan.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Mar 13 Mar - 7:36

Leur adversaire s'était donc enfui, préférant abandonner un combat qu'il ne pouvait mener contre un adversaire distant.

Althalus observa un instant ses deux compagnons effondré sur le sol.
Il s'attendait à voir l'elfe s’élancer derrière leur adversaire comme elle l'avait fait tantôt, mais elle ne le suivit pas.

Au lieu de cela, il la vit se transformer entièrement et se diriger vers Melkion qui semblait chercher son arme sur le sol.

Avant d'avoir eu le temps de réfléchir, Althalus avait encoché une flèche et bandé son arc afin de tirer sur la métamorphe. Tant qu'à choisir un membre de ce groupe si récent, autant choisir celui qui ne vous dévorera pas pour le prochain repas.

Mais avant qu'il ai pu tirer, un violent courant d'air sorti de la ruelle comme provenant du sol et il du se couvrir le visage pour le pas être aveuglé par la bourrasque.

Il baissa son arc, conscient de ne pouvoir tirer dans cette tourmente, mais il mit une de ses mains en coupe vent afin de pouvoir voir ce qu'il se passait en bas.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Mar 13 Mar - 8:38

Un hurlement s’éleva. L’origine n’était certainement pas humaine.

Un loup ? Le Loup ?

Danger !
Melkion ouvrit les yeux et vit une forme animale foncer vers lui. Avec l’énergie du désespoir, il roula sur le côté, avant de se relever péniblement.
Alors comme ça, son heure était venue ? Si tôt ?
Il fronça les sourcils. Non… Ce qui se tenait devant lui n’était pas un loup. Un lycan ? Probable…
Une pensée étrangère traversa l’esprit de Melkion.
Aucune chance.
En effet, cela sautait aux yeux. Il peinait déjà à se maintenir debout. Mais cette pensée… n’était pas la sienne.
Vent.
Mais… Que ?
Malédiction, le temps pressait !
Osmose.
Quelle osmose ? Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Il se savait Fils du Vent, mais il n’avait jamais envisagé cela !

La lycan bondit à nouveau, vive comme un prédateur fondant sur sa proie. Melkion fut plus rapide, et esquiva en se décalant sur le côté. D’un mouvement aussi rapide que les précédents, il se dirigea vers le centre de la ruelle, et ramassa son cimeterre.
Étrange… accélérer ne lui demandait aucun effort et ne semblait pas avoir d’effet secondaire.
Alors c’était ça, l’Osmose ?
Parfait…
Le Fils du Vent sourit, satisfait. Le Vent caressait son visage. Il se sentait… Entier. Cette elfe ne semblait pas très portée sur le combat à égalité. Elle allait être servie. Il laissa libre court à son agressivité, qui en devint presque palpable. Les Murmures s’élevèrent à nouveau, le Vent chanta sur sa lame. Cette effrontée se transformait en semblant de loup ? Elle mimait, involontairement, celui qui avait fait de sa vie celle d’un chasseur ? Elle goûterait à ce qu’il réservait à son père.
Le sourire de Melkion se fit dur. Un doux sifflement accompagna le moulinet du cimeterre.
Il s’élança.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Arckal le Mer 21 Mar - 8:58

Après avoir atteint l'immense rue où se trouvait une circulation dense, le mercenaire approcha d'un commerce en lâchant de rapides coup d'œil autour de lui. Le commerçant avait vu l'homme s'approcher tout en bousculant quelques personnes mécontentes de ce geste. Arckal vit la méfiance du marchand, et décela une certaine peur. Ignorant les insultes et les grognements des personnes qu'il n'avait pu évité, il continua à marcher jusqu'à l'échoppe du petit commerçant.

-Je voudrais savoir où se trouve l'auberge du Loup Gris ? demanda t-il, sans ton. Je vous prie, ajouta t-il, sentant l'hostilité de son interlocuteur.
-A quelques rues d'ici, surement, qu'est ce que vous voulez qu'j'en sache ? rétorqua hargneusement le commerçant.
-Inutile d'être aussi hostile, répondez-moi, c'est tout, lança le colosse en plaçant quelques deniers kentans sur l'échoppe.
-Remontez la jusqu'à la place et ensuite dirigez vous vers la porte nord. L'auberge dans la rue y allant, répondit le marchand en prenant les pièces.

Le guerrier en armure se détourna de la petite boutique et suivit la rue, toujours sur le qui-vive. Arrivé sur la place, il dut s'informer pour trouver sa route, bien qu'impressionnant la plupart de ses interlocuteurs, le mercenaire ne rencontra pas l'animosité attendue et obtint diverses informations concernant la ville. Il finit par atteindre l'endroit où il séjournait, toujours accueilli par des regards noirs et une atmosphère désagréable. Un homme frêle l'intercepta, et s'adressa à lui :

-Qu'est ce qu'il s'est passé ?

-Réuni les hommes, on se rejoint dans la cour, répliqua durement le colosse.
-Et où sont Haart et les autres ? Interrogea le frêle mercenaire.
-Morts.
-Comm....

-Fais ce que je te dis, tança le colosse, sans hausser la voix.

Observant son compagnon faire un pas en arrière après le dernier ordre reçu, il sortit de l'auberge et rejoignit la cour. Jetant un rapide coup d'oeil aux alentours, il se détendit un peu et se posa près d'un coin à l'ombre. Quelques minutes suivirent et cinq hommes vinrent devant lui. Le silence s'installa quelques minutes, jusqu'à ce qu'Arckal finisse par demander :

-Où sont-ils ?

-Partis vous chercher, répondit un mercenaire en haussant les épaules.
-Bandes d'imbéciles, grogna le guerrier à l'armure noire, trois pertes pour nous et rien pour nos opposants. Aucun suivi des ordres.
-Il s'est passé quoi ? lança un autre mercenaire.
-Morts, au moins et à mon avis, c'est la même chose pour les autres. De toute façon, je n'aurai pas pu les sauver.

Arckal jeta un regard à ses hommes, observant leurs réactions, puis il reprit :
-On va remplacer nos pertes, déjà et je vais vous dire ce quoi il faut nous attendre.


Les cinq hommes écoutèrent sans joie leur chef décrire d'éventuels et d'inhabituels adversaires, ils comprirent que leur situation serait tendue s'ils ne se préparaient aux mieux pour affronter les trois dangereux ennemis que le colosse avait du affronté.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Kyrie le Ven 23 Mar - 8:03

Sauvage et brutale, j’assenai tant de coups sur la frêle créature choisie pour repas… Mais un vent anormal vint ébouriffer mon pelage dru. L’insecte s’esquiva. Je me réceptionnai cependant impeccablement grâce à mes griffes raclant le sol avec un crissement sinistre.
De rage, je laissai un grognement menaçant s’échapper de ma gueule, avant de fondre de nouveau sur ma proie. Je lui sautai à la gorge, mais m’écartai au dernier moment, l’autre asticot brandissant avec force risibilité son dard. Si seulement je pouvais l’effleurer… car j’avais en ma force une assurance justifiée.
Briser cette brindille !
J’armai mes griffes à nouveau, et grâce à une pression exercée sur mes membres antérieurs, je me ruai vers lui. La puissance de ma musculature m’enivra de cette jouissance allègre du prédateur impatienté… Mais tout cela n’eut en réponse qu’une vive douleur à l’épaule.

Je me détestai. Un ridicule couinement de souffrance s’était élevé dans l’air silencieux, seulement entrecoupé par nos halètements. Car nul doute que l’autre était encore essoufflé par sa prouesse avec la boîte de conserve…

Le sang battait mes tempes.
L’odeur de sa peau envahissait mon odorat.
Le murmure de son cœur emplissait mon ouïe…
Tue-le !

Alors, encore une fois, j’attaquai la première. La blessure qu’il m’avait infligée était assez superficielle pour s’être guérie en ces quelques secondes écoulées.

Son sang. Je m’en abreuver. Y baigner ses boyaux chauds. Mêler sa saveur métallique avec ses muscles. Je veux planter mes crocs dans son cœur encore battant. Puis le mordre violemment pour qu’il éclate dans ma gueule… Lui arracher son sourire suffisant. Lui transpercer son regard agaçant. Lui déchiqueter son orgueil. L’annihiler !

Un chuchotement sourd tempéra un instant mes ardeurs destructrices.
Sois meurtrière mais cependant pas téméraire…

Je me figeai.

Cette voix était bien différente de celle de l’Insatiable. Plus profonde. Plus grave. Plus sensuelle. Plus menaçante…
Si tu tiens tant à le combattre… à le tuer… susurra la Voix, exalte donc ta puissance… ta force belligérante…
Dubitative bien qu’effrayée par tant de puissance perceptible par la seule écoute de la Voix, je ramenai mes membres antérieurs, relâchai mes muscles tendus.
Serais-tu assez sotte pour de telles futilités cependant ? Ahah... Ma chère prêtresse, serais-tu trop idiote pour me servir ? Serais-tu trop stupide pour... vivre ?
Un rire de puissance progressive emplit mes tympans.

Qui était-ce ?! Qu’était-ce ?!

La saveur amère de la terreur revint m’entraver, comme jadis…
Un froid engourdit mon être…
Et je me retrouvai sur le sol glacé, nue, mon frêle corps humain tremblant et les yeux agrandis par la peur.
La Voix s'était tue.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Sam 24 Mar - 2:18

Jouons !
Melkion se retourna, un sourire mi-cruel, mi-sadique aux lèvres. Son adversaire lui permettrait de faire quelques expériences. La blessure à l'épaule était minime. Cicatriserait-elle instantanément, comme le prétendaient les légendes sur les lycans ?
La bête attaqua à nouveau. Le Kentan se décala sur le côté, un sentiment de toute-puissance s'emparant de lui.
Coupée, leur tète repousse-t-elle ?
Le tranchant fila vers une gorge velue.

Le cœur du Fils du Loup Noir rata un battement, et il tomba à genoux. Son visage, son corps... Son âme se tordirent d'une douleur sans nom. Qui venait du fond de lui-même. Sa main gauche se crispa sur sa poitrine, son cœur lui semblait se resserrer et rétrécir. La souffrance le perforait, mais nul cri s'éleva, nulle douce inconscience ne le soulagea.

Puis soudainement, la douleur cessa. Il respira pesamment, son visage reprit des couleurs.
Quelle était cette chose qui s'était emparée de lui, et qui l'avait empêché d'en finir avec l'Elfe ? Si étrangère et pourtant... Si familière...
Melkion se releva. Son adversaire gisait sur le sol, humaine. Calmement, il rengaina son arme.
- Veille à ne plus confondre la proie et le chasseur.
La phrase s'adressait également au Drow. Au cas où...
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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Sam 24 Mar - 9:15

Althalus avait assisté à ce duel aussi violent et rapide qu'éphémère depuis le toit.

Il avait été ébahi par la violence des coups de la polymorphe et par la vitesse de réaction de l'humain.
Ces deux là n'étaient définitivement pas comme les autres, il s'agirait de les garder à l'œil.

Mais d'un autre côté s’ils avaient été comme tous les autres, aurait-il été intéressant de rester en leur compagnie pour les observer ?

Althalus marcha calmement au bord du toit afin de se poster juste au dessus des deux êtres dans la ruelle. Il s'accroupit alors, une flèche toujours encochée à son arc, mais la corde lâche.

"Eh bien, voila une belle démonstration de talents qui n'a d'égale que son manque d'utilité. Quel dommage que ces pouvoir n'aient pas servi contre notre adversaire présumé à qui nous ne pourrons désormais plus demander ni son identité ni les raisons pour lesquels il nous as agressé."

"Cependant je vois que nous connaissons désormais bien mieux nos potentiels respectifs, nous devrions donc pouvoir travailler plus efficacement, si tant est que vos buts soient toujours les mêmes."

Il tourna alors un regard froid et calculateur vers l'elfe qui s'était recroquevillée plus loin et dont les yeux hagard semblait voir ou entendre des choses connues d'elle seule.

Il murmura alors comme pour lui même mais le silence de la ruelle porta ses paroles aux oreilles des autres.

"Chasseur, proie... il n'y a qu'une vérité, et c'est celle de celui qui survit, peu importe comment il aura commencé le combat."
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Re: La Cité Frontalière

Message par Kyrie le Mer 28 Mar - 5:14

Je tremblais. Comme ces misérables humanoïdes que j'exécrais tant. Sur mon visage, je savais que la peur se disputait à ma rage mais j'étais désemparée comme nul autre fois dans ma vie... Jamais, même lors du temps d'Audan, je n'avais fait l'amère expérience d'une telle terreur, et je me détestais pour avoir été effrayée par une simple voix !
Mais l'once de mon humanité revenue accompagnée de celle de la sagesse me donna une raison pour avoir réagi ainsi : ce que l'on voit est moins terrifiant et dangereux que ce que l'on ignore et qu'on ne peut déceler. Cela justifiait-il cependant mon sentiment... de couardise ?

Une ombre à la frontière de mon champ de vision me fit relever la tête : le Sans-Odeur me faisait face, le visage crispé par la douleur. Je fronçai les sourcils. Quel étrange tour du destin avait provoqué un hasard de situation si similaire ? Mais je rejetai aussitôt cette idée : moi et cet énergumène ne pouvions être liés d'aucune façon si ce n'est par des intérêts communs.

« Eh bien, voila une belle démonstration de talents qui n'a d'égale que son manque d'utilité. »

Ma peur disparut plus qu'elle ne s'estompa, et ce immédiatement. Le sarcasme avait une incroyable facilité à m'agacer. Je relevais un peu plus haut mon visage, mes yeux magenta prenant à nouveau des reflets argentés. Ma lèvre supérieure se retroussa légèrement.

« Quel dommage que ces pouvoirs n'aient servi contre notre adversaire présumé à qui nous ne pourrons désormais plus demander ni son identité ni les raisons pour lesquels il nous as agressé. Cependant je vois que nous connaissons désormais bien mieux nos potentiels respectifs, nous devrions donc pouvoir travailler plus efficacement, si tant est que vos buts soient toujours les mêmes. »

Je me retins de l'invectiver acerbement ; le temps viendra... Quand je me serai débarrassée de mes démons intérieurs. Le regard dans le vide, je tentai d'invoquer la voix de l'Insatiable... Qui se faisait étrangement silencieux.
Que devais-je en conclure ? Devais-je m'inquiéter ?
Mais en aucun je n’en tirerai de réjouissance.

« Chasseur, proie... il n'y a qu'une vérité, et c'est celle de celui qui survit, peu importe comment il aura commencé le combat. »

Je repris conscience de la réalité alors que ma face humaine se fendit d'un grand sourire carnassier, dévoilant mes canines qui avaient gardé leur aspect effilé.

« Toi qui ose me faire, commença-t-elle avant de se reprendre après avoir jeté un regard évaluatif mais positif vers Melkion, nous faire la leçon, seule ton hypocrisie inspire tes propos. Tour à tour nous deux avons affronté l'autre godelureau. Nous avons certes était défaits –encore quelques minutes et j’aurai eu mon museau dans ses entrailles éviscérées- mais toi, dissimulé dans la quiétude des hauteurs qu'as-tu fait durant ce temps ? Une seule flèche, Drow, un seul trait a été encoché. »

Mes blessures ne me causant plus aucune souffrance, je pus m’accroupir en face de la flaque de sang vermeil maculant le sol. J’y apposai ma paume violemment. Après en avoir inspiré l’odeur, ma langue vint lécher avec dégout ma main ensanglantée de ma proie échappée.

« Au moins ta maigre initiative nous permettra de le suivre plus aisément. » fis-je en aspirant avidement le liquide.

Ce sang était fade. Que légèrement métallique. Et mêlé aux saletés du sol, son goût ne s’améliorait guère. Enfin… J’en avais la trace olfactive et le goût.

« Et ne t'avise plus de me faire la morale : les principes de chacun diffèrent selon notre esprit, notre nature profonde, notre expérience et nos relations. Sache seulement que la seule vérité que j'accepte est celle de la puissance. Il ne s'agit pas de survivre, mais de vaincre. » Lui répliquai-je avec mépris en ponctuant ma tirade d’un crachat rougeâtre.

A son égard, je n’avais guère plus que de l’antipathie.
Je pris appui sur mes jambes afin de me mettre debout, sans se préoccuper de ma nudité qui n'était que la peur humaine de ne rien pouvoir dissimuler à son ennemi. Stupides mœurs. Être une belle femelle était mon atout, voire une arme et mais en aucun cas une faiblesse.
Avec une démarche chaloupée, j'allai récupérer ma besace abandonnée là où j'avais entamé ma première transformation, quand j'avais attaqué la Boite de Conserve. Ma main y attrapa une aiguille d'une longueur comparable à celle de mon majeur et dont l'épaisseur en son centre était comparable à celle d'une brindille. Puis une autre similaire, avec la pointe en crochet. Et trois d'un quart plus longues.
Je me dirigeai d'un pas égal vers la ruelle d'où Sans Odeur était venu, en lançant à qui des deux hommes voulait m'écouter :

« Suivez les traces au sol : il ne s’est pas encore trop éloigné. Mais je vais inspecter le corps des sous-fifres, c’est plus urgent : ils doivent avoir des liens avec l'autre salaud en armure. Ne m’attendez pas, je vous rejoindrai ma tâche accomplie. »

Mes aiguilles dansaient entre mes mains, captant la lumière céleste.
Il était temps de me mettre au travail !

***

L’obscurité de la ruelle où avait eu lieu le carnage était si dense que je ne pouvais guère distinguer les chairs putrides déjà. Il fallait que je laisse ma part lycanthrope prendre part sur mon humanité : cela fut aisé d’autant plus que l’odeur de chairs était forte. Etouffante et écœurante, auraient dit certains sentimentaux et couards, mais à mon odorat, il était l’effluve le plus doux et sensuel qui puisse exister… Je dévorai du regard les corps décharnés, décapités, découpés, entaillés et démembrés qui jalonnaient la ruelle tel un tapis à mon honneur.
Non.
Il n’était pas encore temps de me sustenter, me souvins-je en sentant le poids infime de mes aiguilles dans ma main.

Je m’approchai du premier corps, même s’il eut été plus approprié de nommer ce à quoi je faisais face "tas de chair" ou encore "ramassis d’entrailles" ; cependant, comme les membres étaient encore en bon état malgré qu’ils soient souvent démembrés, il ne convenait pas de leur attribuer une description qui conviendrait qu’après mon passage. Un sourire félin sur la face, je débutai la dissection.

Je réprimai un soupir désappointé : Sans Odeur ne faisait guère dans la finesse. Les parties qui m’auraient intéressée étaient bien trop abimés… Je curai distraitement mes dents où s’était coincée une veine, avant d’examiner le second corps.
Un sourire illumina mes traits instantanément : un survivant !
Je m’accroupis avec empressement, disposant mes aiguilles en éventail à portée de ma main droite. Le bruit dut réveiller mon sujet qui souleva une paupière avant de grogner :

« Qu’est… Que... Quoi ? »

Un crétin ? Bah. Tout le monde avait la même constitution donc peu importait.
Il serait sans doute plus grand que moi s’il se mettait debout ; sa carrure développée l’avait sans doute permis de survivre… En émergeant peu à peu de l’inconscience, il avisa ma présence, à califourchon sur sa poitrine. Les émotions qui se succédèrent sur son visage m’arracha un léger rire amusé : la méfiance précéda l’étonnement, puis vint la stupéfaction, et enfin le… désir.
Hein ?
Ah oui. J’avais oublié d’enfiler mes effets.
Mais nulle gêne ne s’empara de moi quand il me dévisagea avec un grand sourire de con en rut :

« J’suis au Paradis ? Et t’es un ange à saut… »

Il hurla.
Je venais de lui enfoncer ma plus grande et lourde aiguille dans le poignet, au centre. Avant qu’il n’ait pu se relever –mon poids léger ne le pouvant pas le clouer au sol indéfiniment, surtout avec ses sursauts de douleur- j’attrapai le second bras, le plaquai contre les dalles avant d’y planter une seconde aiguille.

« Mais arrête de remuer ! » m’agaçai-je de ses tentatives de libération.

Je me glissai sur les jambes, et tirant de ma besace deux aiguilles d’acuponcture, je les immobilisai en plantant mes instruments dans le nerf approprié, au niveau des orteils. Je lui fis face. Un plaisant sentiment de terreur et de douleur déformait ses traits de guerrier.

« Alors, alors… Par où vais-je commencer ? » sifflotai-je.

Deux minutes passèrent, et je me relevai toute ensanglantée… du sang de mon patient. J’avais récupéré toutes mes aiguilles qui étaient de nouveau rangées dans ma besace, à côté d’un œil à l’iris vert, et d’une oreille. Des petits souvenirs. Avant d’aller rejoindre mes "alliés", je pris la peine de ne pas choquer leurs mœurs en me couvrant de l’ample cape noire du mort, fermée par un crochet. La boucle de ma besace resserrée, je m’effondrai à quatre pattes, en grognant.
Une demi-seconde plus tard, je m’élançai sous ma forme de louve dans les rues, à la rencontre des deux marauds.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Dim 1 Avr - 6:44

- Chasseur, proie... il n'y a qu'une vérité, et c'est celle de celui qui survit, peu importe comment il aura commencé le combat.

- Sache seulement que la seule vérité que j'accepte est celle de la puissance. Il ne s'agit pas de survivre, mais de vaincre.

Melkion soupira.
L'elfe s'éclipsa.

Il capta le regard du Drow. Le Kentan n'appréciait pas devoir parler. Son regard s'en chargeait à sa place. Cela ne pouvait aller ainsi. La première épreuve qu'avait rencontré le groupe avait clairement révélé sa pertinence : Néant. Il fallait clarifier tout ça. Et donc attendre le retour de l'Elfe.

En attendant, il devait réfléchir... A propos de lui-même.
Ce pouvoir qui l'avait envahi. Une osmose ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Il était Fils du Vent... Alors... Une Osmose avec le Vent ? Et la voix... Le Vent serait une entité vivante, et pas un simple élément naturel ? Et doué de conscience... L'osmose suggérant un rapprochement et lui ayant conféré ses pouvoirs... Cela signifiait que la fatigue qu'il ressentait à leur utilisation hors-osmose était due à
son éloignement du Vent ? Donc s'il voulait amplifier ses pouvoirs... Il devrait se lier avec le Vent plus qu'il ne l'était actuellement ? Lui qui n'aimait pas tisser des liens, voilà l'exception qui pourrait
confirmer la règle...

Mais... Cette douleur ? Elle venait de lui-même, mais elle était distincte du Vent, il en était sûr. Mais elle n'était pas sienne. Qui donc pourrait avoir un lien si fort avec lui ? Serait-ce... Il devait le
trouver. Il devait trouver son père...


Un cri s'éleva, non loin. Une nouvelle victime de la lycan, assurément. Un soupir audible lui échappa. Insatiable, celle-là.


Ne bougeant pas du lieu du combat, et gardant un œil sur le Drow, il attendit le retour de l'elfe. Et ne laissa personne s'exprimer avant lui, à son retour.

- Celui qui tue sans chercher à survivre est un piètre chasseur. Celui qui fuit sans chercher à tuer est une proie habile...

Il reprit :

- Chacun a sa proie. Seuls les fous oublient que le chasseur est également proie. Et que notre proie et notre chasseur sont parfois confondus...

Pesant ses paroles, il continua.

- Chasser vos proies ne m'intéresse plus. Si vous voulez poursuivre l'homme à l'armure noire, ou les espions, libre à vous. Je vous les laisse... Je retourne à une proie bien plus intéressante. Et pour traquer le Loup Noir, vous seriez plus un poids qu'autre chose, ce qui s'est passé aujourd'hui m'a convaincu quant au potentiel de notre groupe.

N'attendant pas plus, il se retourna et s'éloigna.

- Althalus... La Valkyrie... Lorsque l'on forme un groupe, il est de bon ton de savoir à qui l'on a affaire, en effet...
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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Dim 1 Avr - 9:31

Tandis qu'il écoutait l'elfe l'invectiver, Althalus conserva son sang froid et une rage froide montait en lui. Cette elfe maudite qui avait précipité l'affrontement et était tombée dans le piège de leur adversaire osait le critiquer alors qu'il l'avait blessé et forcer à reculer ?
Il n'avait pas supporté la vie au sein de la société drow ainsi que sa difficile ascension au sein de l'armée pour être rabaissée par cette réprouvée ne sachant même pas contenir ses instincts.
Lorsqu'elle parti dans la ruelle où le kentan avait tué les alliés de l'homme en armure, probablement assouvir des appétits hautement répugnants, il se redressa et fût tenté de partir sur l'instant. Il se tourna vers le kentan et allait ouvrir la bouche quand il croisa son regard.
Sentant que l'humain avait quelque chose à dire, Althalus attendit patiemment le retour de la lycanthrope.

Une fois que Melkion eu fini de déballer sa vision philosophique des choses en réponses à cette phrase qu'il avait dit précédemment, il vit que l'humain était arrivé à la même conclusion que lui. Ils n'étaient pas fait pour travailler ensemble,

Il regarda l'homme s'éloigner dans le dédale de ruelles après les avoir informé de ses intentions.
Le loup noir... il avait déjà entendu ce nom, mais ne se rappelait pas grand chose à ce sujet. Il essaierai de s'en souvenir pour faire quelques recherches plus tard.

Il se tourna alors avec un regard froid vers l'elfe qui venait d'entrer dans la petite place sous sa forme de louve avant que le kentan ne s'adresse à eux.

"Je vais ainsi de même vous épargner la gêne de ma présence puisqu'il semble que nous soyons incapables de nous entendre.
Je vais également partir de mon côté mener les recherches qui m'ont amenées en cette ville.
Nous vous laissons donc continuer cette quête solitairement vu que vos mots le réclament à grands cris.
Aujourd'hui je part en paix, mais si nous nous recroisons par la suite, fut-ce dans plusieurs années, je n'aurai pas oublié les mots que vous avez prononcés."


Althalus repartit sur les toits, entendant les dernières paroles de l'elfe à son adresse, avant d'arriver à proximité de la grand rue.
Il trouva alors un endroit ou descendre en sautant sur une caisse, puis atterris au sol au bord de la rue.

Il ne savait pas vraiment quoi faire désormais, par où commencer ses recherches ?
Althalus se rappela alors que l'homme en armure avait plusieurs acolytes et qu'il avait parlé de personnel. Si il avait de nombreux hommes sous ses ordres, il y avait plus de chance qu'il ai des renseignements.
Ainsi il se remit à la recherche de l'homme en armure, mais désormais pour voir si il pouvait s'allier à lui.

Ne sachant par où chercher et se doutant que l'homme avait traversé cette rue, il remit sa capuche et se dirigea vers un étal disposé au bord de la rue et où deux gobelins couverts d'huile tentaient de vendre leurs produits fraichement construits.

"Bonjour messieurs, je désirerais vous demander un renseignement.
Un homme en armure à probablement traversé cette rue il y a peu. Il devait sembler pressé.
L'auriez vous vu ?"
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Re: La Cité Frontalière

Message par Tithrandil le Mar 3 Avr - 18:09

Ils arpentaient encore les rues quand Lleyä s'arrêta et lui fit face, l'air contente. Cette réjouissance sur son visage contrastait fortement avec la mine renfrognée qu'elle avait arboré pendant leur marche. Elle lui annonça alors qu'ils étaient arrivés, en lui désignant une bâtisse au fond de la ruelle.

Cependant, à plusieurs mètres encore de ce qui semblait être un magasin, il lui sembla que quelque chose clochait. L'endroit où Lleyä semblait l'amener avait déjà reçu de la visite... Une visite sans aucun doute musclée. Ses doutes se renforcèrent quand la jeune femme ralentit le pas. La porte de l'échoppe avait été dévergondée brutalement, les vitres brisées. Le feu avait certainement contribué au saccage qu'il pouvait constater. Toute l'échoppe avait été retournée, et le verre brisé crissait déjà sous leur pied alors qu'ils rentraient dans la salle qui semblait être un accueil. Lleyä lui avait dit quelque chose, mais il n'y avait pas fait attention. Il observait avec minutie chaque détail qui pourrait expliquer ce désastre. Il la vit récupérer quelques fleurs encore intactes puis s'avancer vers l'arrière boutique, où elle jeta un œil.

« Tithrandil, tu peux fouiller par ici s’il te plait ? J’aimerai aller vérifier quelque chose… »

N'y voyant aucun inconvénient, il s'exécuta. Ses pas résonnaient de manière lugubre alors qu'il traversait la salle pour rentrer dans une nouvelle pièce, où, là encore, rien n'avait été épargné. De nombreux pots de fleur étaient brisés au sol, mais quelques cageots en gardaient certains inaltérés. Ceux-ci étaient vides. S'agenouillant, il prit un fond de terre qui restait dans l'un d'eux. Elle était sans nul doute idéale pour faire pousser n'importe quel végétal...
Il se releva, et continua son inspection, la parquet grinçant de temps à autre sous ses pas. Arrivé au fond du commerce, il s'adossa contre le mur. Qui pouvait bien vouloir piller une herboriste ? Il faudrait seulement qu'elle soit au centre d'un trafic ou détienne quelque chose d'important... Où était-elle d'ailleurs ?

Balayant une dernière fois l'endroit du regard, il remarqua un petit monticule de décombres auquel il n'avait pas fait attention. Il semblait y avoir quelque chose dessous. Il fut vite fixé : c'était un livre, recouvert de poussière. Il souffla sur la couverture, vierge. Il ouvrit et put voir un croquis de camélia accompagné d'une écriture manuscrite, soignée et féminine. À côté du nom de la fleur, quelques mots avaient été rajoutés, sans rapport avec le végétal. Il fronça des sourcils.

Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire...

Avant qu'il ne puisse étudier l'ouvrage de plus près et comprendre ces mystérieuses notes, il entendit le parquet grincer : Lleyä venait le retrouver. Il rangea rapidement l'ouvrage dans sa sacoche et se releva promptement. Il le tiendrait secret jusqu'à ce qu'il ait compris son utilité.

« Iris est vivante, et j’ai toutes les raisons de croire qu’elle a prit l’anru avec elle. »

En lui disant cela, elle lui montra un papier griffonné à la hâte. C'était la même écriture que celle du livre. Mais cette fois, c'était bien incompréhensible. Totalement même. Il fronça de nouveau des sourcils, réfléchissant. Elle lui expliqua enfin ce qu'il en était. Un langage de fleurs ? Jamais entendu parlé.
Tithrandil ne faisait pas attention aux paroles que lui tenait son amie.

« elle s’est dirigée vers Isinia » et « affronter les éthérés ! » furent les seules paroles qu'il entendit.

Il se contenta de soutenir son regard triste, sans vraiment comprendre. Puis, Lleyä tourna les talons et ils sortirent de l'échoppe. La nuit laissait toujours planer un épais voile d'ombre, observant un calme absolu. Se fondant dans l'obscurité, ils repartirent vers Isinia.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Kyrie le Dim 8 Avr - 7:24

Lorsque j'étais arrivée dans la ruelle, j'obtins la vision de chacun sur les évènements de lors ; leur présence m’insupportai au fur que s'allongeait la longueur de leurs palabres... Aussi ce que je ressentis lorsque les deux marauds exposèrent leur choix de reprendre leur route solitaire fut un sincère soulagement : au final, nous nous accordions au moins sur cela. Des êtres dotés de trop de mépris et d'orgueil ne peuvent longtemps se côtoyer et je connaissais que trop bien l'immense ego dont j’étais pourvue. La fierté n'empêche point d'être lucide.
Toujours sous ma forme de louve, j'assistai au départ de Sans-Odeur, puis celle plus pesante du drow ; mais avant que celui ne s'éloignât de trop, j'inscrivais son identité olfactive au plus profond de ma mémoire sensorielle.
Une fragrance puissante du sel de la mer se mêlant aux effluves plus subtiles de la sueur et de l'incertitude conjuguées à l'odeur du bois et de la cire.
Moi non plus je n'oublierai. Lorsque son âme s'épuisant et agonisant observera pour la dernière fois le ciel de ses tourments, je me tiendrai à ses côtés comme le spectre d'un souvenir : seule sa mort parviendra à enrayer ma haine envers lui, qu'il s'agisse de son trépas ou du mien. Un elfe n'oubliait pas. Un loup encore moins. Et j’étais double.
La Brindille drow guetta ma réaction à ses propos : il n'obtint en réponse qu'un sourire suffisant et satisfait. Je me délestai de ma cape noire. Eux partis je sentis le fardeau invisible de l'appréhension quitter mes épaules. Je n'aimais décidément pas la compagnie d'autrui. À moins qu'il serve mes intérêts bien sûr.

N'ayant pris le temps de me sustenter jusqu'à satiété, je revins sur mes pas et rejoignis la ruelle ensanglantée que j'avais quittée. Un homme se tenait droit et fier au milieu du carnage, le visage visiblement empreint de tristesse. Étaient-ce ses compagnons ? Il était sans doute seul. Aucune odeur ou son autre que les siens ne me parvinrent. Je marquai un arrêt à l'orée des ombres qui me dissimulaient : son parfum ne m'était pas inconnu... Un souvenir dont je ne voulais me remémorer.
Non. Ce n'était pas exactement le même... Il divergeait subtilement : la cannelle avait remplacé l'odeur de caramel. L'acier s'était substitué à l'odeur de la pierre.
Mue par une indicible curiosité, je fis quelques pas à la lisière de sa vision. Il se retourna vivement vers moi, ayant dégainé en un geste leste deux dagues effilées et courbes de brigands. Nous nous jaugions par le regard. L'or évaluait le rubis. Car il possédait d'étranges yeux de couleur vermeil...
Il lui ressemblait tant !
Si j'avais emprunté ma forme elfique, mes prunelles magenta auraient sans doute versé d'amères larmes. Mais être une louve me conférait une meilleure résistance aux émotions. Seulement physiquement cependant. Mon âme était en proie à tant de souffrance. De chagrin !
Je grognai pour moi même, comme une dérisoire tentative d'éloigner un fantôme. Vakyrja... Valkyrja... me murmurai-je. Résonne-toi. Reprends-toi. Ce ne peut pas être Lui. Il est mort !
Alors qui me faisait face ?
Il n'avait pas bougé. Il était resté immobile. Sachait-il que le mouvement excitait les animaux ? Était-il doté de ce rare instinct de survie qui me faisait défaut ? Encore et encore revenait cette même et unique interrogation : qui était-ce ?

Je me décidai à m'avancer, prenant le soin d'allonger mes pas pour que la lenteur prudente à laquelle je me déplaçais ne m'empêchât de le rejoindre rapidement. Chaque foulée était un pas vers mon passé. Vers une souffrance enfouie parmi les vestiges de mes souvenirs. La soif de comprendre dominait celle de la peur. Je voulais savoir !
Lui restait impassible visuellement. Nul parfum de crainte, ni de méfiance n'était exhalée par son corps. Dans ses fines mains larges brillaient toujours la lame de ses petits sabres.
Le temps était long.
Le temps était court.
Je m'assis, ma face de louve levée vers son beau visage halé. J'y reconnaissais des traits. Ceux que j'avais, du doigt, parcouru avec tendresse, bien des fois. Ce visage tranché par un nez droit. Ce visage surmonté d'un front haut et fier ainsi que d'une chevelure sombre aux reflets ambre. Ce visage fendu d'une bouche dont les lèvres esquissaient naturellement un sourire avenant. Ce visage que j'avais lacéré.

« Je te salue, soeur louve. » Fit-il en passant son poignard de gauche sur sa main droite afin de me présenter une paume vide, aux doigts écartés et placée à l'horizontale.

Sa voix était apaisante, calme et assurée. Si semblable à la Sienne ! En entendant cette formule rituelle, je réagis aussitôt et posai ma patte blanche sur la sienne. Nos regards ne se quittaient pas.

« Je suis Lifthaisir, loup alpha de la meute ouest de la Cité Frontalière » m'indiqua-t-il puisque je n'avais léché sa main en signe de reconnaissance.

Malgré sa singulière ressemblance avec Audan, il n’était pourtant pas lui.
Je couchai mes oreilles vers l'avant de mon faciès avant de baisser la tête jusqu'à ce que mon museau frôle le sol. Je restai ainsi, sans bouger. Lui, m'observait attentivement. Puis acquiesça imperceptiblement.

« Que tes pas suivent mes pas en une trace unique, jusqu'au terme de notre voyage, sœur. »

Nul doute qu'il me soupçonnait d'être à l'origine de ce massacre. Et pourtant il venait d’accepter ma présence dans sa meute, ou plutôt, venait-il de se montrer favorable : sous les aspects de ce voyage, se dissimulait une période d’évaluation. Il serait là pour me jauger et, me juger.

C'est ainsi que je devins pour un temps, la compagne de voyage du dénommé Lifthaisir, loup Alpha de sa meute. Et nous nous quittâmes la cité orgueilleuse.
Un homme et son loup, voilà tout ce à quoi nous devions ressembler et paraître jusqu’à ce que notre contrat prenne fin.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Lleyä Warjan le Dim 8 Avr - 7:26

Ce fut sans trop de peine qu’ils quittèrent l’orgueilleuse cité ; ils n’avaient hélas pas trouvé quelque monture pour le voyage qui les attendait. De cet échec, Lleyä n’éprouvait que de la tristesse. Le destin se jouait d’elle ! Et elle était lasse de s’inquiéter sans cesse…
Pour Iris. Pour ses amis d’Isinia. Pour Tithrandil.
La jeune femme observa son ami à la dérobée ; quelque chose lui indiquait qu’il n’était pas à l’aise. Elle se retint cependant de l’interroger. Malgré leur amitié naissante, tous deux avaient encore des secrets, et elle se devait de respecter cela. Mais elle ne relâcha pas sa vigilance pour autant. Lleyä soupira inaudiblement : voilà qu’elle était de nouveau soucieuse…
Tous deux marchaient côte à côte sans avoir échangé le moindre mot depuis leur départ.

Elle-même avait tant à songer. Depuis un moment déjà, un peu après la rencontre avec l’elfe, les évènements l’avait menée à ne plus se soucier de son peuple comme avant ; elle voyageait ci et là sans n’avoir prodigué un seul soin à ses pairs ! Que dira-t-on d’elle ? Que pensait-on d’elle ? Mais surtout, était-elle encore apte à être la Warjan ? Pour bien des hybrides, la femme n’ignorait pas qu’elle était un symbole d’espoir. Elle qui, quelques semaines plutôt, haranguait son peuple à se révolter, à rester insoumis et fiers, quelle conduite adopterait-elle devant ses pairs ?
Lleyä Warjan craignait son peuple.
La mine bien plus sombre, elle rabattit sa capuche sur le visage, que les ombres l’entourât comme l’était déjà son esprit.
Malgré tout, elle était encore une hybride dans l’âme. Toujours elle soutiendrait son Peuple : jamais elle n’irait encourager le massacre d’innocents dont le seul crime fut de naitre d’un amour ne convenant pas aux mœurs désuètes du monde ! La femme eut une pensée pour elle-même : beaucoup d’hybrides ignoraient leur ascendance, enfants de la Honte… Elle avait eu la chance d’avoir une mère adoptive qui l’avait aimée, même pendant un temps trop court. Mais il était normal qu’elle s’interroge sur ses géniteurs. Elfe et humain. Qui était sa mère, qui était son père ? La sage Sylfa n’avait rien révélé sur ses origines avant de mourir…
Et aujourd’hui, sa curiosité la dévorait comme jamais.
Mais comment découvrir leur identité ? Toute sa famille d’adoption avait été massacrée.
La Forêt.
Peut-être y trouverait-elle des réponses…

Le soleil achevait d’atteindre l’apogée de son royaume et dispensait sa chaleur sur toute l’étendue de la plaine Kentane que les deux compagnons traversaient. La soif les obligea à faire halte au bord d’une source d’eau presque tarie ; mais ils en eurent assez pour se désaltérer convenablement. Cela fait, ils reprirent la route. Lorsque midi vint, ils ne s’arrêtèrent : Lleyä partagea le reste de ses fenaisons d’hiver avec son ami tout en continuant de marcher sous ce soleil qui se faisait oppressant. A deux reprises, Tithrandil fut pris de malaise. Par deux fois elle lui fit boire une potion afin d’apaiser ses souffrances un temps. Il ne leur était permis de faire une seule pause : chaque minute écoulée augmentait les risques à ce qu’Iris trouve la mort et de ce fait, que l’anru disparaisse aussi. Lleyä ignorait réellement les raisons d’en vouloir à la fleuriste : il y en avait tant de possible ! Un client insatisfait, une victime vindicative, un rival sans honneur, une personne intéressée par son savoir… Qui sait ? Tout cela, elle aussi en encourrait le danger tous les jours. Mais son amie avait eu le temps d’emporter sa plante la plus précieuse et de lui écrire une note. L’hybride n’avait d’ailleurs pas remarqué la présence de son cahier de notes, ni de ses effets de voyages. Tout cela contribuait à garder espoir…

***

Parce qu’ils n’avaient fait de halte durant leur voyage, même pour dormir, Lleyä ne put s’empêcher de courir vers la forêt, son refuge, dès qu’elle la vit au loin, silhouette familière sous l’horizon matinal. Son moral revenait au beau fixe alors qu’elle refaisait connaissance avec la nature environnante ; bien sûr ils avaient dû traverser la forêt ouest Kentan mais c’est ici qu’elle se sentait accueillie chaleureusement. Depuis combien de temps n‘avait-elle éprouvé semblable communion avec la nature ? Depuis des siècles lui semblait-il. Elle adressa un sourire empreint d’allégresse à son fidèle compagnon et l’enjoignit à la suivre vers sa cabane perchée. Arrivés au pied de l’imposant chêne, elle ôta ses affaires afin de ne pas gêner son escalade.

« Attends moi ici, je monte et je t’enverrai l’échelle pour grimper. »

Ce qu’elle fit au terme d’un peu moins d’une demi-dizaine de minutes plus tard. Elle humait avec ravissement l’odeur de bois humide régnant dans le cabanon et entreprit d’aider son ami à se hisser à l’intérieur ; il y avait juste assez de place pour eux deux et leurs effets. Il était possible pour elle de se tenir debout mais ce n’était pas le cas de Tithrandil qui devait se courber légèrement ; aussi s’accroupirent-ils afin d’être plus à l’aise. Peu après, la jeune femme fit face à son ami et lui dit d’une voix songeuse :

« Je pense deviner où Iris est allée me chercher... »

Avant qu’il n’ait pu commenter son propos, elle lui précisa qu’il ne pouvait l’accompagner là où elle se rendrait.

« Je suis désolée… Repose-toi donc ici, pendant que j’irai la trouver ; je reviendrai au plus tard demain soir. »
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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Lun 9 Avr - 7:36

Il s'était assez diverti... Il était à présent temps de reprendre une activité plus sérieuse, et de réunir un maximum d'informations sur le Loup Noir. Il ne savait pas son nom, mais sa mère lui avait révélé un jour une information capitale. Il avait les yeux vert. Cette couleur étant rarissime parmi les Drows, cela facilitait ses recherches. Il avait plusieurs fois entendu parler d'un Drow tapageur, l'Errant. Cependant, cela ne pouvait être celui qu'il cherchait, le caractère ne correspondant pas du tout.
Une autre chose avait depuis longtemps marqué son esprit. Sa mère nommait parfois son père « Mon prince Drow » dans ses mièvreries nostalgiques. Evidemment, cela ne signifiait rien en soi, le Loup Noir ayant veillé à ne révéler aucune information importante à cette demeurée sentimentale. Cependant, elle n'avait sûrement pas inventé ce terme toute seule. Il fallait bien que quelque chose lui fit faire le rapprochement entre le Loup Noir et un prince. Il avait penché pour un port particulièrement fier. Il avait pu le vérifier à la Cité, lors de l'altercation avec le paladin. Pour un assassin, il avait effectivement une allure noble, la piste méritait donc d'être approfondie.
Et... La veille... Ce foulard blanc. Il n'appartenait pas forcément à sa cible, mais cela pouvait se révéler intéressant.

Se dirigeant vers l'auberge où il logeait, Melkion regarda prudemment autour de lui. Il avait peut-être renoncé à chercher les espions par désintérêt, mais c'était une chose qu'ignoraient les mercenaires peu adeptes de la concurrence et de l'émulation.
Aucun d'entre eux ne croisa son chemin.

- Tavernier !
Hans, le gérant de l'auberge, tourna la tête dans sa direction.
- Ah, c'est toi. J'ai des informations !
- Intéressant. Raconte-moi ça.
Melkion s'approcha du tenancier, qui chuchota.
- Il y a eu du tapage à la Taverne Maudite, à Isinia. Je le sais de mon cousin, tu sais...
Hochement de tête.
- Un type se prétendant être l'Errant, et semblant bien l'être, a agressé une personne sans raison apparente, avant de se faire poursuivre par un homme mystérieux.
- Cet homme ?
- C'est là que c'est intéressant. Cet homme, c'est sûrement Chasseur.
- Loeren Oshtan ?
- Exact. Ce qui laisse à penser...
- Que l'Errant serait bien le Loup Noir. Étonnant... Hans ?
- Oui ?
- Je pars de la Cité.
- Eh ben, j'en connais qui vont râler. Qui sera là pour faire le sale boulot de manière correcte ?
- Écoute-moi...
- Excuse-moi.
- Je prends quelques provisions, comme prévu dans notre contrat. Toutes les informations que tu m'as données...
- Ne t'inquiète pas. Oubliées.
- Je te fais confiance.

Le tavernier se retourna, et pris de sous le comptoir un gros sac en cuir, qu'il donna à Melkion.
- Il y a de quoi tenir plusieurs jours... Je n'en reviens pas chaque fois que je me rappelle que le sac à dos est une invention gobeline.
- Merci.
- Ah... J'oubliais... Où te rends-tu ?
Le Fils du Vent réfléchit un court instant.
- Shelonia.
- C'est parfait, alors.
Hans se baissa et farfouilla sous le comptoir. Il en sortit un étrange papier.
- Qu'est-ce que c'est ?
La réponse vint, si faible que nul autre n'aurait pu la percevoir.
- Le propriétaire de ce papier l'est également de mes investissements chez les Marchands de l'Archipel. Garde-le précieusement, et retire l'argent dès que possible, c'est le bon moment, ils ont largement de quoi payer.
- Et ça vaut combien ?
L'aubergiste eut un sourire.
- Cent cinquante mille pièces d'or, soit cent soixante cinq mille pièces de bronze drow.
Melkion manqua de s'étrangler.
- Tu es fou ?
- Tu sais ce que cette somme représente ?
- Je ne suis pas expert, mais ça doit bien valoir une maison.
- Oui. Mais ce n'est pas tout. C'est aussi exactement la totalité de l'argent que tu m'as donné.
- Tant que ça ?
- Quarante contrats, ça fait une belle somme tout de même...
- Et tu me rends tout, sans rien garder pour toi ?
- Pourquoi crois-tu que la somme est en pièces de bronze drow ?
- J'ai du mal à y croire.
Hans rit.
- Petit... Tu sais combattre, ça c'est sûr. Moi mon truc, c'est le commerce.
- Alors pourquoi rester aubergiste ?
- Parce que ce boulot me plait bien. Crois-moi, j'en ai en réserve, de l'argent.
- Comment te remercier ?
- Me remercier ? Tu me prends pour qui, petit ? Je viens de te dire que je suis marchand. Crois-tu qu'avec ton argent, je me suis contenté d'obtenir l'équivalent en monnaie drow ? Non, j'ai fait du bénéfice. Et je le garde pour moi. C'est plutôt moi qui devrais te remercier de m'avoir permis d'investir autant.

Le Fils du Vent hocha la tête et prit le billet, qu'il mit précautionneusement dans une poche intérieure de sa veste. Puis il se retourna et quitta l'auberge aussi silencieusement que lorsqu'il y était entré la première fois.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Arrrg le Mar 10 Avr - 9:15

Voyant ce qu'il pensait être un humain à la silhouette fine et l'allure élancée se diriger vers leur échoppe, Arrrg jeta un coup d'oeil insistant à son frère et se retourna vers le nouvel arrivant.
Son frère observait attentivement le drow, confirmation qu'il obtint en voyant les traits elfiques et fins de l'individu. Arrrg, peu intéressé par les autres races, avait tout de suite compris, comme son frère que le drow cherchait quelque chose.

"Bonjour messieurs, je désirerais vous demander un renseignement.
Un homme en armure à probablement traversé cette rue il y a peu. Il devait sembler pressé.
L'auriez vous vu ?"

Cette demande intrigua tout de suite Arrrg, qui contrairement à son frère voyait l'argent comme secondaire. Instinctivement, il se sentait tout de suite attiré par l'elfe et la personne qu'il recherchait.
L'objet ressemblant à une sphère en bois avec un espace pour y placer un objet droit.

"Hey l'humain, t'veux pas plutôt test ça, s't'un anneau qui tourne tout l'temps ! C'est qu'c'est franch'ment plus intéressant qu'un gars en métal !"

L'elfe jeta un regard noir à Arrrg, durcissant ses traits tandis qu'Arrg, son frère plaqua la main sur son visage après avoir entendu les paroles de son frère. Le drow répliqua d'une voix dure et menaçante :

"Je suis un drow, et non un humain comme tu devrais le voir, stupide gobelin. "

Irrité par cette remarque, Arrrg fronça les sourcils, nullement impressionné par le drow et répliqua du tac au tac :

"Ca'me toi bout d'charbon, c'est pas parce que pour moi t'ressemble à un humain qu'tu dois t'mettre en rogne ! Et puis, j'l'ai vu c'lui qu'tu cherches, alors ca'me toi.
Un gros type menaçant et tout en comme toi, en charb' ? "

Son frère, voyant que la conversation risquait de tourner au vinaigre intervint, lançant un regard réprobateur à Arrrg qui l'ignora.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Arrg le Mer 18 Avr - 3:22

Arrg avait aperçu l'elfe noir depuis qu'il était sorti de la ruelle non loin de l'étal qu'il tenait avec son frère. Tout en continuant de travailler à la réparation d'un petit mécanisme qu'il comptait utiliser dans une autre machine, il avait suivi l'avancée du drow qui se dirigeait sans hésitation dans leur direction.
Alors que l'elfe noir arrivait à leur niveau, Arrg jeta un œil vers son frère, et s'aperçu de ce qu'il redoutait. Son frère avait également remarqué que quelqu'un s'approchait et semblait vouloir lui répondre en premier, voila qui n'augurait rien de bon. Il n'était pas méchant mais il avait tendance à n'avoir aucune diplomatie avec les autres, ce qui est mauvais pour les affaires.

Le drow arriva à la hauteur de leur étal et engagea la conversation.

"Bonjour messieurs, je désirerais vous demander un renseignement.
Un homme en armure à probablement traversé cette rue il y a peu. Il devait sembler pressé.
L'auriez vous vu ?"


Arrg se souvenait effectivement de l'individu en question qui avait fait pas mal de grabuge en déboulant dans la rue.
Il devait comprendre à quel point le drow était intéressé par cette information et le prix qu'il pouvait y mettre.

Il allait commencer à questionner le drow quand son frère prit la parole...en étant totalement à côté de la plaque comme à son habitude.
Il s'adressa à l'elfe noir en l'appelant "l'humain". Arrg ferma les yeux et plaqua sa main sur son visage à l'écoute d'une telle bêtise.
Bien que les Drows soient moins racistes que les hauts elfes, ils ont leur propre fierté et n'aiment pas particulièrement être comparés à d'autres races.

Et comble de la chose, ne tenant même pas compte de la demande de l'elfe noir, son frère tenta de lui vendre un objet sans grand intérêt.
Voila qui n'allait certainement pas mettre leur interlocuteur de très bonne humeur.

La discussion s'envenimait et Arrrg commençait même à parler de l'homme en armure avant même qu'il ai pu déterminer ce qu'il pourrait demander à l'elfe en échange de cette information.
Avant que la situation ne tourne à la catastrophe, que le drow perde son sang froid ou que son frère donne l'information gratuitement, Arrg pris la parole en regardant son frère d'un air agacé.

"Frangin, je crois que ton décapsuleur d'armure à besoin d'entretien... et d'amélioration aussi d'ailleurs. Jettes-y donc un coup d'œil pendant que je m'occupe de ce monsieur"

Arrrg se dirigea alors vers le tas de ses inventions diverses et variées mais gardait toujours un œil sur le drow qui l'intriguait.
Arrg soupira, s'essuya les mains sur sa salopette et se retourna vers l'elfe noir.

"Mes salutation monsieur le Drow, veuillez excuser le franc parler de mon frère, il n'a pas sa langue dans sa poche et a tendance à en user plus que de raison."
L'elfe noir semblait toujours un peu sur les nerfs mais sa rage était retombée. Le fait qu'il se calme aussi vite indiquait qu'il tenait à cet information dont il était maintenant sûr de pouvoir l'apprendre des gobelins.

"Ainsi vous recherchez un homme en armure ? Mais même si cet homme est bien celui dont mon frère parlait que gagnerions nous à vous aider ?
Nous sommes de pauvres marchands et notre pain quotidien est incertain. Ne voulez vous donc pas acheter une des inventions de mon frère ? Cela lui ferait tellement plaisir."



Arrg arborait un sourire hypocrite et ses yeux calculateurs en disaient long sur son avidité.
Il continua de fixer l'elfe noir dans les yeux, attendant sa réponse
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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Sam 5 Mai - 3:57

Comme Althalus s'y attendait, le début des échanges avec les gobelins avait été des plus catastrophiques.

Le premier d'entre eux avait commencé à lui parler de choses inutiles sans donner l'impression qu'il avait écouté la question qu'il avait posé ou que ça ait la moindre importance pour lui. Et en plus il l'avait comparé à un humain.
Althalus n'étais pas plus raciste que les gens de sa race mais il avait une certaine fiereté dans le fait d'être un elfe noir et que cela soit évident pour quiconque le voyait.
Il répondit d'un ton sec :

"Je suis un drow, et non un humain comme tu devrais le voir, stupide gobelin. "

Le gobelin répondit alors en l'affublant d'un surnom encore plus ridicule, son sang commençait à tapper à ses tempes et sa fiereté l'incitait à corriger cette créature, bien qu'il fût en pleine rue.
Mais il entendit malgré tout que le gobelin l'avait vu. Ses yeux froids ne quittaient pas le gobelin, réfléchissant si l'information qu'il cherchait valait de passe sur cette insulte.

C'est à ce moment que le second gobelin avait pris la parole pour demander à l'autre, à priori son frère, de s'occuper d'une ou l'autre de ses inventions.

"Mes salutation monsieur le Drow, veuillez excuser le franc parler de mon frère, il n'a pas sa langue dans sa poche et a tendance à en user plus que de raison."

Althalus tourna son regard vers son nouvel interlocuteur, son regard était toujours froid mais il s'était calmé, avait désseré ses poings et croisé les bras devant lui.
Il avait finalement décidé que cette information était importante et que ce gobelin n'en vallait pas la peine. Même si il ne l'oublierait pas.

"Soit, j'aurais du m'y préparer en abordant des gobelins. Et donc, pouvez vous me dire si vous l'avez vu ?"


Althalus appuya sur cette dernière phrase, incapable de cacher l'impatience qu'il avait de cesser ces échanges de "civilités" et de continuer son chemin.

"Ainsi vous recherchez un homme en armure ? Mais même si cet homme est bien celui dont mon frère parlait que gagnerions nous à vous aider ?
Nous sommes de pauvres marchands et notre pain quotidien est incertain. Ne voulez vous donc pas acheter une des inventions de mon frère ? Cela lui ferait tellement plaisir."


Althalus comprit qu'il était passé d'un gobelin bourru et sans manière à un autre calculateur et manipulateur. Ils se complètaient bien les bougres.

"L'information contre quelques pièces ? Je vois que tu ne perds pas le nord gobelin."

Althalus s'était décrispé et son regard légèrement amusé se promenait maintenant sur le tas de bricoles posés sur leur étal. Tant qu'à acheter quelque chose, autant que cela lui serve.

"Tiens, je te donne 15 bronzes pour cette sorte de girouette qui tourne avec le vent."
"25, mon frère s'est donné beaucoup de mal pour la fabriquer et de plus ma mémoire me joue parfois des tours..."
"Quoi ? alors que je n'aurai aucune certitude de le retrouver ? 20 bronze pour l'objet et l'info, mais pour ce prix là j'espère que tu sera précis"
"Vendu"

Althalus sorti sa bourse et donna les pièces au gobelin qui les étudia avant de les mettre dans la poche de sa salopette. Il pris l'objet bizarre et le rangea dans son sac de voyage, espérant pouvoir lui trouver une utilité plus tard.

"Alors, que peux tu me dire sur cet homme ?"
"J'ai bien vu votre 'homme' si on peut l'appeler ainsi. Il à déboulé dans cette rue en bousculant plusieurs personnes, ce qui à attiré mon attention.
Il s'est adressé au marchand de l'autre côté de la rue afin de lui demander un renseignement. Il cherchais une auberge je crois, je ne suis pas sûr de me rappeler du nom..."


Althalus sorti 3 bronzes supplémentaires de sa bourse et les posa sur l'étal en gardant les doigts dessus.

"Le nom de cette auberge et sa direction ?"
"L'auberge du loup gris, elle se trouve vers le nord en partant d'ici."

Althalus releva la main, laissant les pièces sur l'etal.

"Merci bien gobelin, vous m'aidez bien. Je vous laisse donc continuer vos occupations."


Althalus se retourna et parti

"Au revoir messire le drow, vous êtes toujours le bienvenu à notre étal"

Althalus ne se retourna pas et parti en direction du nord à la recherche de cette auberge, le loup gris. Il devait retrouver cet homme et ce qu'il avait en tête, car lui même n'avait plus grand intéret pour ce contrat et devait trouver une nouvelle direction pour ses recherches. Autant aller rencontrer cet homme dont il connaissait les capacités.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Melkion le Sam 5 Mai - 4:45

Melkion se dirigeait vers la sortie de la ville lorsqu'une idée le frappa. Chasseur avait sûrement ses propres moyens pour suivre sa cible à la trace, et s'il était aussi efficace qu'il en avait l'air... Sachant qu'il avait croisé le Loup Noir à Isinia il y a peu...
Melkion changea aussitôt de destination, et se dirigea vers l'endroit où il avait vu son père à la Cité. Si ses suppositions étaient justes, Chasseur passerait par là, si cela n'avait pas déjà été le cas.

Dès qu'il fut sur place, il s'adossa au mur d'une maison et promena son regard sur la foule, patient. Avec un peu de chance, il apercevrait le fameux Lœren Oshtan.
Une heure passa, puis deux.
Un homme le fixait dans la rue, un sourire aux lèvres. Ses cheveux étaient courts, sa peau bronzée, ses yeux froids et perçants, et d'un gris surprenant. Il devait avoir entre trente et quarante ans. De bonne taille, ses habits simples convenaient parfaitement à son allure. Il s'approcha sereinement du Kentan.
- Tu m'attendais.
Melkion fronça les sourcils. Puis montra ses mains en signe de paix.
- Salutations, Loeren Oshtan, dit Chasseur.
La réponse fut chuchotée.
- Pardonne mes manières, fils du Loup Noir, dit Melkion. Tu as bien grandi.
Malgré son air impassible, le Kentan accusa le coup. Malédiction ! D'où savait-il son identité ? Et sa dernière phrase... Il l'avait donc vu plus jeune, mais cela datait. Le fait qu'il ait deviné de qui il descendait ne le surprenait pas particulièrement. Cependant, son vrai nom n'était pas si connu, et sa taille... L'avait-il vu lorsqu'il côtoyait son maître ? Non, impossible, il l'aurait remarqué, il en était sûr. Alors... Quand ?
Non ! Melkion comprit ! Pour connaître son nom et son apparence... Il devait l'avoir aperçu lorsqu'il était encore petit, chez sa "mère". Il y avait peut-être d'autres possibilités, mais celle-ci lui déplaisait trop pour s'empêcher d'y songer.
Fermant les yeux, il décida de vérifier.
- Comment ?
Le sourire sans joie de son interlocuteur s'élargit.
- Ton père n'a pas choisi ta génitrice pour ses capacités cognitives.
Melkion éclata de rire, et acquiesça.
- J'ai des questions.
- Je pense en avoir les réponses.
Il lui fallait vérifier certaines choses.
- Le Loup Noir n'est-il que cela ?
- Bonne question, même si elle me surprend. Non, le Loup Noir n'est pas sa seule identité.
C'est bien ce qu'il pensait...
- Quand l'est-il devenu ?
Chasseur parut peu troublé.
- Il tient cette identité de son maître, qui l'a guidé dans l'édification de cette nouvelle identité.
Un maître ? Cela changeait... Beaucoup de choses ! Car dans ce cas...
- Son maître était-il un Loup Noir, lui aussi ?
- Tu tiens peu de ta mère... Oui, son maître était un Loup.
Un sourire se dessina sur les lèvres du Kentan. S'il en croyait les légendes...
- Et vous ? Vous êtes une légende bien vieille pour un Oshtan.
- Mon père fut Loeren Oshtan. Ainsi que mon grand-père, et ceux qui l'ont précédé...
Un conflit entre générations ? Stupéfiant ! Il s'apprêta à parler, mais Lœren Oshtan fut plus rapide.
- Chez les Loups, le successeur n'est jamais de la même famille. Tu es la première exception.
Melkion écarquilla les yeux de surprise.
- Je suis un Loup ?
- Oui. Comme tu l'as sûrement deviné, un conflit s'étendant sur plusieurs générations oppose ma famille aux Loups. Tu me cherchais ici, tu as donc commencé à comprendre que j'ai des facultés particulières lorsqu'il s'agit de combattre ma némésis. Je peux également reconnaître ceux qui sont et seront Loups. Bien que tu ne le sois pas encore, cela ne tardera pas, je le sais.
- Le saviez-vous la première que vous m'avez vu ?
- Oui.
- Pourquoi ne m'avez-vous pas tué dans ce cas ?
- Tout d'abord... Bien que tu sois né plus Loup qu'humain, tu n'en es ni n'étais encore un. Je n'avais donc pas à te tuer. Et tu n'es pas ma cible. C'est ton père que je chasse, pas toi.
Puis, Chasseur se retourna et s'éloigna.
- Attendez ! Qu'est-ce qu'un Loup ?
- J'en ai assez dit.

Sachant qu'il était inutile d'insister, Melkion ferma les yeux et soupira. Cela signifiait donc... Que la traque imposée par son père était ou faisait partie de son apprentissage pour devenir Loup ? Il n'avait donc logiquement aucune chance de réussir ?

Bah ! Comme l'Oshtan l'avait dit, il n'était le fils du Loup Noir, pas l'un d'entre eux. Tout cela ne le concernait pas. Devenir Loup l'intéressait peu.

En revanche... Il aurait la tête de son père. Et aucun gêneur ne l'en empêcherait.
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Re: La Cité Frontalière

Message par Arckal le Sam 19 Mai - 5:42

Les hommes d'Arckal étaient nerveux et la perte de plusieurs membres avait sapé leur moral. Bien que loyaux et confiants en leur chef, ils n'aimaient pas les missions en ville. D'autant plus que leur mission actuelle ne leur avait rien rapporté. L'un d'eux prit la parole :

- Je pense qu'on devrait quitter la ville. La garde ne nous permettra pas d'utiliser la manière habituelle et c'est un terrain qu'on ne connaît pas.
- Surtout qu'on a rien pu dénicher que ce soit en espions ou en indices pour Maindargent, renchérit un autre.
- Quant à recruter, on peut le faire dans d'autres villes et il est surement difficile de recruter de bons éléments ici, lança l'un des trois traqueurs.

Chaque mercenaire hocha la tête après les propositions. Son regard passa d'un visage à un autre, dévisageant ses hommes, le colosse secoua la tête et déclara :
- J'aurai bien emporté la tête d'un de ses combattants.

- Mais ... répondit un mercenaire, légèrement blessé.
- Pas d'inquiétude. On part, coupa le chef du groupe.

Les membres du groupe eurent un soupir de soulagement, puis rejoignirent l'auberge. Le mercenaire en armure noire les observa rentrer dans le bâtiment pour se préparer puis se entra à son tour. Bien qu'habitués aux passages répétitifs des mercenaires, les clients murmuraient et jetaient de nombreux coup d'œil au géant. Celui-ci se dirigea vers le comptoir, et donna une bourse à l'aubergiste, qui exprima son soulagement.

- A jamais, dit calmement Arckal à l'homme derrière le comptoir qui trembla un peu.

Le groupe de mercenaires sortit rapidement de l'auberge et se dirigea vers la porte de la ville.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Helian Liadon le Lun 28 Mai - 5:53

Il restait cependant encore quelque chose à faire… Il était dangereux pour lui de rester trop longtemps à la Cité, puisque l’Oshtan l’avait retrouvé à Isinia.
Il avait envoyé un messager prévenir les Maudits de la Cité alors même qu’il quittait la capitale, et la réunion qu’il avait exigée se déroulait aujourd’hui même.
Tout en vérifiant s’il n’était pas suivi, le Loup Noir plongea dans le labyrinthe de ruelles, vêtu de sa tenue habituelle. Bifurquant fréquemment, et restant dans les zons d’ombre, il atteignit le bâtiment qui menait au refuge. Un Maudit voulant s’y rendre devait se présenter devant la porte ensorcelée, puis descendre en utilisant la trappe, dissimulée sous le tapis de la bibliothèque. Cependant, il ne souhaitait pas vraiment utiliser ce passage, qui révélait l’identité de celui qui l’empruntait. Aussi commença-t-il à escalader la bâtisse voisine.
Il avait ordonné la réunion sans signer de son nom la lettre envoyée. Le fait que les chefs des groupes de Maudits ignorent qu’il était le responsable de la « demande » lui octroyait une longueur d’avance, et il comptait a conserver. Une fois sur le toit, il sauta sur celui de la maison de passage. Il sentit un picotement à sa main droite, alors que son anneau neutralisait les sorts de détection. Le Drow parcouru du regard la surface, à l’aide de l’Œil Noir, et trouva la trappe qui menait à la cheminée de la maison.
A l’intérieur, des aspérités dans les parois permettaient de descendre aisément à l’intérieur de la cheminée condamnée.
Saleté de sous-sols… Les Maudits n’avaient pas trouvé mieux que des sous terrains pour cacher leurs réunions… Ce qui le forçait, lui, un Fils du Vent, à s’enfoncer sous terre. Il détestait avoir à faire cela. Chaque fois qu’il s’éloignait du ciel, qu’il était entouré de terre, de pierre ou de roche, il devenait nerveux, certains de ses sens étaient perturbés, il avait constamment l’impression d’être surveillé et en danger, son sang-froid était mis à rude épreuve, il se sentait seul et privé d’une part de lui-même.
Il déboucha sur une salle vide, sans entrée ni autre ouverture que celle du plafond menant à la fausse cheminée. Les murs et le sol étaient en pierre, et devaient dater d’un millénaire ou deux. Le fait que le bâtiment soit stable et en bon état trahissait l’utilisation de la magie pour sa construction.
Le Fils du Vent cligna des yeux, et balaya la salle du regard, avant de fixer un mur avec attention. Bien, personne ne le voyait, et les odeurs étaient masquées. D’un pas assuré, il se dirigea vers la paroi du mur, qu’il traversa en deux pas, débouchant sur une salle spacieuse, de même facture que la salle précédente. Des piliers étaient disposés régulièrement.
Au centre de la salle se tenait un groupe d’une petite dizaine de personnes qui parlaient parfois entre eux, plus souvent à l’assemblée qui formait un cercle autour d’elles. Les chefs de meute, et de clans vampiriques.

L’illusion ne le dissimulant plus à l’odorat des personnes présentes, celles-ci eurent tôt fait de se retourner vers lui, certaines plus surprises que d’autres. Alors qu’il s’avançait, ceux qui se tenaient devant lui s’écartèrent, créant une ouverture dans le cercle. Sa progression flegmatique vers les chefs fut accompagnée de quelques murmures respectueux.
- C’était donc vous, Loup Noir.
L’intéressé sourit au chef de meute.
- Nous supposons que vous êtes à l’origine de la décision de la réunion. Pourriez-vous vous expliquer ?
Helian hocha la tête et s’apprêta à parler, lorsqu’une voix s’éleva :
- Moi et le clan Lorthian refusons la présence du Loup Noir. Nous n’assisterons pas à une réunion où il serait présent ou dont il serait le commanditaire.
Les regards se tournèrent vers l'elfe vampire qui avait parlé. Une colère sourde brillait dans son regard.
L’assassin répliqua froidement :
- Pourriez-vous expliquer la raison de ceci ?
Un regard méprisant.
- Nous refusons de traiter avec ce Drow sans honneur ni noblesse. Vampire ou non, notre clan est outragé de la présence d’un tel individu.
- En ce cas, j’accepte le duel.
Le ton impatient du Fils du Vent dissuada certains de rire. Le cercle prit ses distances, ainsi que les chefs, laissant les deux combattant seuls au milieu de la pièce, distants d’une quinzaine de mètres.
Helian tendit les bras d’un geste sec, et deux dagues reflétèrent la lumière des torches. En réponse, le vampire murmura des paroles inaudibles et agita sa main dans un signe complexe. Le saphir d’un de ses anneaux scintilla.
Le Drow se décala sur le côté, esquivant un trait lumineux qui crépita en atteignant un pilier, avant de s’élancer vers son ennemi. L’elfe recommençant sa gestuelle, et le rubis encastré dans une autre bague du sorcier s’illuminant à son tour, il le fixa des yeux en murmurant aussi faiblement que possible :
- Khrîsh !
La pierre précieuse se brisa, et ses fragments heurtèrent le plancher. Furieux, le vampire murmura quelques mots, et cacha sa main des regards. Des lames d’acier longues de plusieurs mètres fusèrent horizontalement vers le haut du corps de l’assassin.
Le métal rebondit contre le mur de la pièce sans l’endommager, tandis qu’une forme animale bondit sur le torse de l’elfe, le renversant. Des crocs brillèrent, et se refermèrent sur sa gorge, le décapitant net.
Le loup au pelage sombre resta quelques instants sur le cadavre du chef vampirique, et parcourut l’assemblée d’un regard froid, tout en grognant ostensiblement. Après quelques instants, lorsqu’il s’avéra que personne n’aurait de réaction agressive en raison du duel ou même du liquide écarlate qui excitait plus d’un vampire ou lycan, il reprit forme humaine, et, après avoir jeté un bref regard au corps, releva la tête.
- Reprenons… Je ne suis pas venu ici pour raccourcir l’espérance de vie d’imbéciles hautains. Il se trame quelque chose à la Cité Frontalière, des troubles vont la remuer, le sang coulera peut-être. Si vous tenez à votre discrétion et donc votre survie, assurez-vous que cela ne soit pas de votre fait.

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Re: La Cité Frontalière

Message par Althalus le Jeu 21 Juin - 7:49

Après avoir assez tourné dans la ville, demandant parfois son chemin pour éviter de se perdre, Althalus arriva en vue de l'auberge du loup gris.
Il arriva peu avant que le géant en armure sorte de l’auberge avec ses acolytes et commença à marcher dans sa direction. En les apercevant, il décida rapidement qu'il valait mieux engager la conversation en terrain dégagé ou il pourrait aisément repérer les mercenaires de l'homme en armure.
Il décida également de ne pas les surprendre en arrivant au contact mais que les impressionner à distance serait intéressant.

Il banda rapidement son arc et tira une flèche en direction du groupe, mais afin qu'elle se plante environ 1m avant le premier homme.
Évidemment l'attaque surpris tous les mercenaires qui se mirent en position défensive et se tournèrent vers Althalus qui s'avançait vers eux, arc en main mais sans flèche encochée.

Et bien vous m'aurez fait courir humain. Vous avez ma foi de puissantes jambes pour pouvoir ainsi vous déplacer malgré cette armure.
J'aurais voulu vous demander la raison de votre attaque de tantôt afin de décider si nous pourrions nous entendre, qu'en pensez vous ?
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Re: La Cité Frontalière

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